Petite histoire du champ de ski du Savoy

 

Petits, grands… Tous connaissent le champ de ski du Savoy…

Les débuts des sports d’hiver se développent à Chamonix dès les années 1900. Les champs situés en amont de l’hôtel Savoy deviennent le lieu des jeux de neige courus  par toute la clientèle fréquentant les hôtels et palaces chamoniards.

C’est tout d’abord avec des luges que les touristes viennent se faire des frayeurs sur ces pentes situées au pied de la montagne de la Côte et jusque dans les années 1920 -1924 (année des Jeux Olympiques) ce sera l’activité principale du lieu. Après les J.O, peu à peu le ski prend le relais et on ne peut qu’être admiratif de tous ces sportifs chamoniards et touristes qui remontaient à pied les pistes. Il n’empêche que tous font des progrès fulgurants! Les styles se perfectionnent ! Les chamoniards ne s’en laissent pas compter et développent eux même de belles techniques.

 

C’est en 1935 que l’on verra le premier remonte-pente sur ces lieux mythiques… Le téléski de la Côte   démarrait un peu plus en amont que le  départ de  l’actuel.

Plan site internet : https://www.remontees-mecaniques.net

Certains se souviennent probablement du téléski des Pylônes (ou de la Roumna) construit en 1946 et ouvert jusqu’en 1979. Téléski raide et pentu qui faisait suite au téléski de la Côte et qui desservait une piste dans le  bas du couloir du Brévent, et une autre tracée directement sous les câbles …

Ce qui est amusant à propos de la piste des Pylônes c’est qu’elle était aussi accessible ( jusqu’en 1945 )  par le téléphérique du Brévent lui-même dont la benne  s’arrêtait au second pylône. Là les clients pouvaient descendre par une passerelle en bois et pouvaient  ainsi accéder au domaine de ski.

Dans le champ du Savoy, dans les années 1950, sera construit le petit téléski de la Samaran permettant aux débutants d’affronter une piste moins raide que celle de la Côte. 

Plus tard ce sont les frères Pedrotti qui géraient l’ensemble de ces téléskis et qui, entre autres, réglaient la circulation  au croisement de la route puisque la piste la traversait! Le trafic  était interrompu pour laisser passer les skieurs sur leurs perches ! Dans les années 1980 on fera un tunnel sous la piste,  bien opportunément car la circulation était devenue intense . Et depuis les années 2000 un tapis roulant complète l’ensemble du domaine du Savoy. 

Ces champs du Savoy appartenaient, à l’origine,  à un ensemble de propriétaires privés qui, en été,  jusque dans les années 1965 y faisaient paître leurs bêtes. Il fallait donc une autorisation d’exploitation de ces champs durant l’hiver. C’est en 1979 que sera remembré l’ensemble de ces terrains.

La commune devient propriétaire du bas du Champ du Savoy, par contre la piste de ski du haut appartient encore à des privés qui ont signé avec la commune un accord d’exploitation durant l’hiver. On remarquera en été que ceux-ci sont rendus inaccessibles par des barrières.

 

 

Un grand merci à Denis Cardoso , grand spécialiste des remontées mécaniques de la Vallée de Chamonix

 

Christine Boymond Lasserre
Histoire et patrimoine de la Vallée de Chamonix

Une photo de Chamonix 1859 un tableau de Chamonix même période Intéressant à comparer !

Le premier refuge alpin de Chamonix : le temple de la nature au Montenvers

Il a vu passer Chateaubriand, les impératrices Eugénie, puis  Marie Louise et aussi Victor Hugo, Charles Nodier, Lord Byron, Mary Shelley, Georges Sand, Liszt, Alexandre Dumas et tant d’autres….
Il est maintenant en bien piètre état… Notre fameux « Temple de la Nature », chanté par les romantiques du 19ème siècle.

Qu’est-il ? Un petit bâtiment de forme ovoïdale, situé au Montenvers, au-dessus du Grand Hôtel du Montenvers récemment rénové. Ses volets sont en morceaux,  sa porte tient encore par miracle, son crépi s’effrite.

Quel dommage !

Il faut dire qu’il est là depuis 1795.

Il a succédé à un petit abri offert par un anglais, Mr Blair, en 1779, pour abriter les voyageurs venus découvrir la Mer de Glace. Très vite en mauvais état, il est abandonné. Les voyageurs ont des difficultés  pour s’abriter des intempéries.

 

 Chamonix doit alors la construction du nouveau  bâtiment  à Mr Marc Théodore Bourrit,chantre genevois amoureux fou de cette vallée. Il est le meilleur publicitaire de l’époque et est désolé de l’aspect du vieil abri. Il  obtient l’appui financier nécessaire de la commune de Chamonix et du « Résident de France de Genève » pour mettre en route la construction d’un nouvel édifice.

« Le 10 floréal an III de la république, une et indivisible, vu la pétition du citoyen Bourrit… tendant à et autorisé à faire construire une maison sur le mont envers destinée à recevoir les voyageurs savants et à contenir tous les instruments de musique nécessaires pour observer les rares beautés de la nature… Ne laissent pas douter que cet établissement ne soit une bienfaisance pour la commune qui deviendra propriétaire de la bâtisse et pour les amateurs et les savants qu’elle attirera en leur présentant tout à la fois un hospice et un observatoire à près de 800 toises au dessus de la mer où est suspendu le glacier du Montenvers.

C’est  le premier refuge alpin. Il comprend une pièce et un petit grenier. Il est alors dédié à la nature, d’où son nom  « le Temple de la Nature ». Il sera malheureusement vite dégradé, mais aussi vite  restauré par le comte de Pontencoulant, préfet d’Empire qui remet à l’aubergiste Mme Coutterand les fonds nécessaires pour les réparations.

C’est alors que le refuge  connaît ses heures de gloire et que l’on y verra passer les plus grands noms de la littérature, de la peinture et des sciences. En 1817, Joseph Tournier, le premier adjudicateur du Montenvers, y ouvre une boutique de naturaliste. Il est repris en 1827 par Joseph Marie et David Couttet qui en font un cabinet  d’histoire naturelle et installent un registre de voyageurs. C’est le passage obligé des voyageurs au Montenvers!

En 1840 est construit juste à côté  une auberge qui deviendra un petit hôtel. Mais les visiteurs s’arrêtent encore au temple de la nature.

 


La construction du grand hôtel du Montenvers en 1880 lui sera néfaste…

Il servira de buanderie…

Très endommagé, il est sauvé en 1950  par Charles Vallot. Il fait appel au  comité des Sites et Monuments historiques du Touring  Club. Mr Laprade, architecte en chef des palais Nationaux, dirige les travaux. Il est  joliment restauré, mais peu à peu la commune s’en désintéresse et  ne se préoccupe pas de l’entretenir. 

Il faudra attendre 1973 pour que l’on entreprenne des travaux de réhabilitation grâce à l’association des AMIS DU VIEUX CHAMONIX. Une équipe de guides chamoniards ,dirigés par les services techniques de la ville entreprennent la restauration du « Temple de la nature » et des anciennes écuries. L’association se voit confier l’entretien du bâtiment et la charge d’en faire un mini musée pour les périodes estivales.

Ce mini musée fonctionnera jusqu’à la période où le musée alpin devenant un musée d’Etat l’association ne peut plus s’occuper du « temple ».La commune l’abandonne, le Musée alpin ne s’en occupera plus.

La compagnie du mont Blanc a, il y a quelques temps, proposait une animation. Puis plus rien.

 

Depuis notre temple de la nature  se détériore peu à peu…

Pourquoi n’est il donc pas classé compte tenu de son passé si riche !

 

 

Histoire et patrimoine de la Vallée de Chamonix

Christine Boymond Lasserre

 

Ski, patinage, luge, bob à Chamonix durant les années folles

Dans le cimetière de Chamonix deux tombes avec des skis

Dans le cimetière nombreuses sont les tombes avec piolet , cordes rappelant l’alpinisme , activité emblématique de Chamonix. Et, bien que le ski fasse partie de la culture chamoniarde,  seules deux tombes sont ornées d’une paire de skis.

Ces skis recouvrent  entièrement les 2  pierres tombales. Pas d’autres accessoires, afin de  rappeler à tous l’importance que ces skis ont pu jouer dans la vie de ces deux « chamoniards » enterrés ici.

Elles sont donc uniques.

Ces deux tombes rappellent un moment de l’histoire du ski de la vallée.

Ici on retrouve le Docteur Hallberg et le beau « Muck » personnage illustre de la vallée.L’un est allemand, l’autre polonais.

En 1929 tous deux écriront en français et en commun un ouvrage intitulé «  le ski par la technique moderne » qui ferra le buzz lors de son édition.

Le docteur Hallberg, passionné de ski,  apporte  sa connaissance médicale et son regard habitué des sportifs, Muck , exceptionnel skieur,  apporte sa connaissance de la montagne ,du ski en tous genre puisqu’il  pratiquait aussi bien le ski que le ski de fond et le ski de saut.

Ce livre  sera réédité trois fois en français et une fois en italien avec les corrections apportées en raison de l’évolution  rapide des techniques et de la pratique du ski.

Cet ouvrage illustré de plus de 200 dessins est novateur en France. Les auteurs  s’arrêtent sur l’importance de l’équipement , du choix des skis, des farts, des bâtons, des fixations, de l’entraînement. 

Puis ils abordent les différentes techniques de l’époque : christiania, télémark, lifted stem, ski de saut, ski en haute et moyenne  montagne, ski de descente et de slalom.

Mais on y découvre aussi un très grand chapitre sur les régimes alimentaires, sur l’hygiène du sportif, sur  l’importance de la  préparation physique et mentale et également toute une médecine sportive qui est totalement novatrice dans ces années d’entre deux guerres.

Cette partie est incroyablement moderne et d’actualité !

Le succès de cet ouvrage vient de la clarté des explications, des dessins précis et très évocateurs. D’autant qu’à cette époque les écoles des diverses techniques se querellaient bien souvent.
le docteur Hallberg écrira un autre livre en 1936 juste avant la domination de la méthode décrite par Emile Allais qui deviendra la technique adopté par toutes les écoles de ski de France .

Ces deux personnages, un peu oubliés, laissent donc à Chamonix leur empreinte sur l’évolution technique du ski. Leurs deux tombes nous le rappellent.

Histoire et patrimoine de la vallée de Chamonix

Christine Boymond Lasserre

James Couttet : un grand homme de la vallée

 

 

Dimanche 19 novembre 2017  aux Bossons, les Chamoniards ont honoré James Couttet, un « babotch » hors du commun et sacrément attachant.

En 1938, il devient à l’âge de 16 ans 1/2  champion du monde de descente à Engelberg,  devant Emile Allais! Et il est vainqueur du Kandahar en 1939 à Mürren. L’avenir s’annonce plein d’espoir pour ce jeune sportif au talent incroyable. Mais  l’arrivée de la guerre stoppe cet envol phénoménal et James, dès lors, participera aux combats dans la résistance avec ses fidèles compagnons.  Dès 1945, il s’inscrit au concours du stage de guide et sort major,  devant Jean Farini son complice, Lionel Terray et Marcel Burnet. C’est dire son talent et ses capacités. Il se remet à la compétition: vainqueur du Kandahar en 1947, puis à Mürren en 1948 .

La consécration arrive en  1948  aux J.O. de Saint Moritz où il obtient la médaille d’argent en slalom et celle de bronze en combiné. En 1950, il est médaillé d’argent en descente et médaillé de bronze en géant au championnat du monde d’Aspen.

Il pratique son métier de guide  avec passion.  Il réalise le 22 juillet 1945 avec Gaston Rébuffat la première ascension de la face nord du requin. Mais  en  1949,  dans la descente de la Verte par l’arête du Moine, sa vie de guide bascule, deux de ses  clients trouvent la mort. Comment se remettre d’un tel drame? Il consacre alors désormais tout son temps au ski, à la glisse.

Il reste 18 ans en équipe de France avec 17 victoires comme champion de France! Il obtient le K de diamant pour ses 8 victoires au Kandahar.

Passionné de  glisse parfaite sans heurts,  il met au point la technique du christiania léger, entraînant dans son sillage nombre de moniteurs.

Son cerveau fourmille d’idées, il invente avec son bon ami l’ingénieur Denis Creissels des boucles pour chaussures de ski et un « téléscaphe », sorte de télécabine sous-marin qui fonctionne durant trois ans à Marseille Callelongue.

Il crée avec Jean Farini le télésiège des Bossons. Sa passion est entière pour ce lieu auquel il reste attaché en y créant compétitions de skis et cours particuliers. Les championnats du monde de 1962 s’y dérouleront.

Beaucoup se souviennent  de cet homme agréable  qui, dans son magasin au centre de Chamonix, refaisait le monde!

Passionné par sa vallée, il est conseiller municipal de 1953 à 1970. Et chacun se souvient de son investissement personnel dans le développement de la vallée.

James  Couttet est certainement une des plus belles personnalités dont Chamonix peut s’enorgueillir!


Le beau « Muck »

Les anciens à Chamonix se souviennent  encore  du « Beau Muck ».

Personnage marquant de la période de  l’entre deux guerres,   «Muck »  était de toutes les fêtes, de toutes les   rencontres.  Nombreux sont les chamoniards qui en parlent encore avec humour et tendresse.

Henry Mückenbrünn, surnommé « Muck »,  arrive à Chamonix en 1924  avec l’équipe polonaise  de ski  pour participer aux J.O. Les polonais disent qu’il est venu à Chamonix seulement en 1926.

A Zakopane, son pays d’origine,  dans les montagnes des Tatras,  il est la gloire nationale. 7 fois champion de ski, 2 fois détenteur du record de saut à ski ,  il est la star de l’équipe. Très apprécié de ses compatriotes, il a laissé, encore de nos jours, un souvenir ému dans son village d’origine.

 

Cependant il ne retournera à Zakopane qu’une seule fois : en 1933 .Là il participera en tant que juif polonais à des jeux appelés « les maccabiades » les premiers jeux hiver juifs. Ces jeux avaient été troublés par la jeunesse anti sémite polonaise. Est ce pour cette raison qu’il ne retournera plus jamais dans son pays natal ? Nul ne le sait.

 

 

 

Excellent skieur, excellent sauteur,  il se lance  dans la compétition, connaissant un vif succès. Mais i l faut gagner sa vie, or on ne s’enrichit pas avec des médailles et très vite il entreprend de donner des cours.

Il co- écrira un ouvrage sur la technique de ski.

Beau  parleur, belle carrure,  il séduit immédiatement  la clientèle aisée venant à Chamonix. Il comprend tout l’intérêt de s’occuper avec  attention de ces dames un peu « inaptes» sur leurs skis. Enlacées par cet homme vigoureux qui les emmène sur les pentes enneigées,  elles se laissent griser par la vitesse… C’est fantastique ! D’autant que cet homme,  au léger accent slave,  danse  la valse à merveille. Dans les salons de l’hôtel des Alpes ou du Majestic, les jeunes chamoniardes et les belles «demoiselles» rivalisent pour essayer de se retrouver dans ses bras le temps d’une danse.

 Habile commerçant, il est le  meilleur de l’époque, vendant, revendant ce matériel de ski  toujours de plus en plus perfectionné. Ce beau skieur et ce séduisant moniteur est forcément de bon conseil… Profitant de leur naïveté, « Muck » abuse « un peu » … Mais c’est fait avec un tel charme !

Slave, c’est aussi un grand romantique … Il tombe fou amoureux de Madeleine, jeune mannequin venue présenter au col de Voza des collections de mode.

Pour elle, il devient architecte, décorateur et il construit un des plus beaux chalets des Pècles.

A l’intérieur, tout est sculpté de ses mains (ou presque) : portes, meubles, placards , plafonds. Le résultat est magnifique ! Il a un  talent incroyable issu de ses racines polonaises. A Zakopane encore de nos jours le travail du bois est remarquable.

Mais la guerre arrive avec son lot de désespérances… Dénoncé, il est arrêté par la milice, il s’enfuit et se cache dans la région d’Annecy.

Ses activités reprennent après la guerre, mais on n’est plus dans la période des années folles ! Il vend son  beau chalet et trafique un peu. Le moniteur n’est plus aussi fringuant, d’autres ont pris le relais.

Il connaîtra une fin tragique en avril 1956, emmenant avec lui dans la mort une des plus belles personnalités de Chamonix,  le guide Paul Demarchi. (Prochain article)

 

Bibliographie :

Revues e ski de la Fédération Française de Ski

Site internet de la fédération e ski polonaise

Revue Relief n° 5

 

Histoire et patrimoine de la vallée de Chamonix

Christine Boymond Lasserre

 

Les divers refuges construits au sommet de l’Aiguille du Goûter

 

1854 : un abri en pierres construit par Charles Loiseau. Abri surnommé «  la cabane à l’oiseau ».

1858 : premier refuge pouvant abriter 4-5 personnes. Il faudra 80 ascensions de porteurs pour apporter les planches au sommet ! Restauré en 1882.

1906 : construction d’un nouveau refuge juste à côté du refuge précédent. Il peut abriter 7 personnes. Haut de 1m80. Mesure de 4.20mX3.20m.

 

1936 : nouveau refuge de 30 places construit sur emplacement du refuge de 1858 . Refuge privé.

Acheté en 1942 par le CAF.

 

 

1957 – 1960 : agrandissement du refuge de 1936 . Usage de l’hélicoptère pour monter le matériel. Inauguré en 1962.

1989 – 1990 : Refuge 1906 est démantelé et à sa place est construite une annexe de 40 places.

 

 

2010-2013

construction du refuge actuel mais sur un lieu plus éloigné des anciens refuges

Les mulets dans la vie chamoniarde au cours du XIXème siècle

 

Nombre de photos belles et variées nous montrent l’importance qu’ont joué les mulets dans le développement touristique de Chamonix.

Les touristes n’étaient pas toujours des marcheurs habitués à la montagne, aussi ce moyen de déplacement leur convenait parfaitement.

Il faut savoir que pour ces mulets il y avait une réglementation très stricte liée à celle de la compagnie des guides.

Dans le règlement de 1879 de cette compagnie, il y a une dizaine d’articles concernant les mules et mulets!

Tout d’abord, dans la première quinzaine du mois de mai, se pratiquait la revue des mulets et de leur harnais. Ceci sous le contrôle du maire, du président du conseil d’administration, du guide chef, d’un vétérinaire, d’un sellier. Si les bêtes étaient impropres au service elles étaient refusées. Et si pendant la saison une monture était signalée comme vicieuse ou inadaptée à sa fonction on procédait à une expertise spéciale.

C’est le guide chef qui les inscrivait au tour de rôle si elles étaient reconnues aptes au service.

C’est encore lui qui fournissait le nombre de montures nécessaires pour chaque client.

Les mulets et montures étaient sujets à un tour de rôle comme les guides.

Chaque monture devait être munie d’une selle pour hommes et d’une selle pour femme, des harnais, bâts, courroies et autre objets nécessaires, le tout devant être en bon état.

Dans les passages difficiles, les voyageurs ayant plus de quatre mulets devaient avoir deux guides. Et si les excursionnistes étaient des dames il ne pouvait y avoir moins de deux guides pour trois mulets.

Il était interdit de maltraiter les mulets sous peine de privation de tour de rôle.

Une famille avait droit à un seul mulet par saison.

Une mule ne pouvait être inscrite que par son propriétaire.

Chaque monture portait au sabot son numéro d’ordre et était numérotée aux frais de la compagnie.

Le mulet arrivé en retard ou pas convenable harnaché perdait son tour de rôle.

Il fallait payer un droit d’inscription et les frais de visite de 4 francs.

Le prix de la course du mulet était payé au guide qui l’avait dirigé.

Ce guide devait immédiatement payer son dû au propriétaire du mulet sinon il perdait son tour de rôle.

Le guide qui proposait aux voyageurs une bête non inscrite au tour de rôle prenait le risque, non seulement d’une forte amende, mais aussi de perdre son tour de rôle.

Tout guide qui avait maltraité ou laissé stationner le long des routes, devant les auberges ou ailleurs, les montures qui lui avait été confiées était passible de la perte du tour de rôle ou pire en cas de récidive.

Il était interdit à tout jeune homme de retourner les montures avant l’âge de 14 ans. Les guides qui employaient comme « rantourneurs » des enfants âgés de moins de 14 ans étaient passible de perte de deux tours de rôle.

Les mulets seront pendant plus de cinquante ans au cœur de la vie touristique de la vallée. Lors du projet de la construction du train du Montenvers, les chamoniards se sont fortement opposés à ce nouveau moyen de transport, voyant là une concurrence néfaste à leur activité. Les mulets connaîtront encore au début du XXème siècle une activité touristique, pour le glacier des Bossons, le Brévent, la Flègère, le glacier d’Argentière… Mais la modernité et les débuts des téléphériques marqueront la fin définitive de ce type de locomotion.

 

Histoire et patrimoine de la vallée de Chamonix

Christine Boymond Lasserre

Photo commentée prise du hameau des plans (photo Auguste Couttet)

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