La source sulfureuse des Mouilles

P1050458Dans un lieu secret peu connu des  chamoniards se nichent les ruines d’une ancienne source sulfureuse découverte au début du XIXème siècle.

En 1823 une eau jaillissant des Mouilles, analysée  par un médecin Mr de Gimbernat, se révèle « minérale, froide, saline, sulfureuse», et obtient une autorisation royale d’exploitation.

Les frères Simond  propriétaires de la source et propriétaires  de l’hôtel de l’Union au centre ville , aménagent des canalisations en bois de la source des Mouilles  à l’hôtel afin de proposer à leurs clients des bains, luxe incroyable à cette époque._MG_0745 - Copie

En 1834, Mr Morin chimiste de Genève la considérait riche en « qualité thérapeutique ».

Cependant les conduites seront emportées par les inondations régulières de l’Arve et de l’Aveyron. Elles seront abandonnées.

En 1863,  le docteur Depraz relance une demande d’autorisation d’exploitation.mulets + source - Copie

Les sources d’eau des Mouilles sont alors étudiées  avec soin par l’académie de médecine de Paris. Celle ci estime « la sources sulfureuse  conforme aux eaux les plus réputées contre les maladies de la peau, les ulcères et les cachexies »  et les sources d’eau naturelle toute proche se révèlent des «  eaux ferrugineuses appropriées aux malades souffrant de  constitutions lymphatiques et débilitantes ».

Cependant le conseil général des mines estime qu’il ne sera pas possible d’accorder une autorisation définitive avant « qu’un captage convenable de la source ait été opéré ».

L’autorisation tarde à venir. Les hôteliers chamoniards rêvent  de créer une station hydrominérale à l’image des stations thermales en vogue à cette période. On veut une belle station climatérique.

Le projet est relancé.

En 1876 une nouvelle étude est faite par le docteur Duchosal : « l’eau jaillissante est une eau claire, limpide dont l’odeur est celle des œufs couvés, dont la température est de 9 centigrades… » Il  indique, après analyse des eaux et enquête auprès de la population locale, « que ces eaux peuvent être employées en boisson, en douches, bains, injection, en inhalation et même peut être embouteillée. « Leur emploi peut être étendu à presque tous les cas de maladie chroniques dans lesquels on emploie les eaux de st Gervais..Peu de pays peuvent offrir autant de facilités pour un établissement hydrothérapique… ».

La société des hôtels réunis de Chamonix envisage un grand projet avec hôtel de 300 chambres, exploitation de la source couplé avec des bains de lait.

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Le projet ne sera jamais réalisé.

La source abandonnée voit cependant les chamoniards s’y rendre régulièrement lui appropriant des qualités curatives appréciées par tous.

La première guerre arrête toute idée de création de station thermale.

En 1930 le nouveau propriétaire, Mr Alphand,

source sulfureuse12032014 - Copieentreprend de remettre au gout du jour l’exploitation de la source des Mouilles. Les analyses sont réalisées quatre années de suite  par le ministère des la santé publique,  celui-ci accorde enfin en 1936 pour 30 ans  l’exploitation du lieu. Mr Alphand construit alors un petit édifice au dessus de la source, aménage un kiosque à musique et se lance dans l’exploitation de sa source.

Elle prend le nom de « la vivifiante ». Celle-ci sera analysée très régulièrement. On abandonne vite  l’idée d’embouteillage, l’eau ne gardant pas ses propriétés minérales.

Le petit établissement fonctionne ainsi une trentaine d’années recevant quelques curistes et surtout quelques curieux, la source ayant toujours sa réputation locale. Les médecins de la vallée recommandant à leurs malades de la boire régulièrement.

La source peu à peu débite de moins en moins en raison des travaux de canalisation des sources naturelles réalisés  afin d’assécher les zones marécageuses de ce petit quartier de la vallée.

Les chamoniards continueront jusque dans les années 1970 à venir faire provision de cette eau aux qualités médicinales.

La source se tarit et le lieu sera laissé à l’abandon._MG_0303

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A ce jour l’endroit est triste, sale (ormis quelques très beaux graffs), pas entretenu par des propriétaires peu s_MG_0294oucieux de ce lieu historique.

Stefanick à Chamonix, mais qui est ce donc ?

Qui est donc Milan Rastislav Stefanik dont le médaillon orne un des murs extérieurs de l’observatoire Vallot de Chamonix?l'observartoire Vallot de Chamonix

 

médaillon obser1Savons nous que très régulièrement une délégation slovaque vient déposer une gerbe devant le médaillon en question .Quel lien avec Chamonix ?

Milan Rastislav Stefanik est né en 1880 en Slovaquie petite province  de l’empire austro-hongrois. D’une famille farouchement patriote il aura cœur toute sa vie à marquer son identité, les indépendantistes  étant bien souvent réprimés.

Très jeune il montre une passion pour les mathématiques, la physique et l’astronomie. Cependant il choisira la philosophie qu’il étudiera à l’université  de Prague dont il en sortira avec un doctorat. Membre et président de l’association des étudiants slovaques de Prague il s’engagera avec ferveur à défendre l’identité de son pays natal.

En 1904 sa passion pour les sciences le conduit naturellement à Paris qui, en ces temps de «  Belle Epoque », est le creuset d’une activité artistique et scientifique brillante.

Il s’inscrit en astronomie et très vite devient l’assistant du professeur Jules Janssen à l’observatoire de Meudon. Passionné il publiera 12 traités

Observatoire Janssenscientifiques et organisera pendant sept années consécutives des expéditions d’observation astronomique au sommet du Mont Blanc.

 

 

Il voyagera ensuite pour le compte de l’état français afin d’établir des chaînes de station radiotélégraphiques qui devait mettre en relation toutes les colonies françaises.

Il obtient la nationalité française en 1912.

En 1915 il s’engage dans l’armée française en qualité de pilote, adaptant ses connaissances scientifiques aux besoins militaires. Blessé il consacre alors son énergie la formation de légions tchécoslovaques.IL convainc la France de soutenir sa cause. En 1917 il participe à la rédaction du « décret de constitution de l’armée tchécoslovaque en France », un immense pas vers  la reconnaissance de l’identité tchèque et slovaque. Il fonde le conseil national tchécoslovaque.stfnik

En 1919 il participe activement aux négociations diplomatiques et politiques qui conduiront à la création du nouvel état. Une grande et belle victoire. La Tchécoslovaquie est née. Il est nommé ministre de la guerre du nouveau gouvernement.

Six mois après il est appelé à rejoindre sa patrie. Un accident d’avion entrainera sa mort.

Certains y verront un attentat afin de faire disparaître un homme trop enclin à défendre son pays natal qu’était la Slovaquie.

Il deviendra alors un héros national. A Bratislava un immense monument lui est consacré.

Et c’est ainsi que chaque année une délégation slovaque vient lui rendre les honneurs devant l’observatoire Vallot.

En ces périodes charnière de la Belle époque Chamonix  attirera nombre de scientifiques. Parmi les plus connus Joseph Vallot et Jules Janssen construisant au sommet du Mont Blanc des observatoires.

Joseph Vallot, sportif, autodidacte, passionné par le massif comprendra très vite que pour la survie d’un observatoire il fallait le construire sur un soc rocheux en raison des mouvements des glaciers au sommet du Mont Blanc. Janssen, scientifique émérite, reconnu dans la sphère parisienne construira un observatoire au sommet du Mont Blanc . Celui-ci en quelques années sera littéralement « absorbé «  par le glacier et disparaitra à jamais. Seule la tour de l’observatoire se ra sauvée.

La Guerre des observatoires par Robert Vivian glaciologue

 

Il était une fois Chamonix… vidéo

A découvrir :

 

Moulins : Une activité essentielle de l’économie chamoniarde des siècles passés

 

Copie de tableau 3 fond payot

Coypright Fond Payot

De nombreuses lithographies et dessins nous apportent le témoignage d’une activité oubliée de nos jours, essentielle pour l’économie locale,  celle des moulins actionnés par le courant des torrents et cascades abondants dans la vallée.

Dès le moyen âge, se tiennent de nombreuses et âpres négociations avec les prieurs pour la mise en œuvre de machines actionnées par la force de l’eau. Moulins à farine, moulins à « foulon »  (chanvre et lin ), moulins de scierie. (voir liste actes notariés ci dessous)

 Avec l’arrivée des visiteurs et une nette amélioration des conditions de vie la vallée connaît   un nouvel essor, les moulins se développent et se généralisent.

 Les plus nombreux seront les foulons associés à des tanneries pour travailler le chanvre.  Cette plante répandue dans toute la vallée était utilisée pour nombre d’objets : cordes, vêtements, draps. Travail fastidieux, pénible, avec de nombreuses opérations.

Pour la conservation on utilisait de l’écorce de mélèze qui servait

Moulins et tanneries à l'entrée des Praz

Moulins et tanneries avant l’entrée du village des Praz

de tanin et des acides naturels pour la souplesse, d’où les odeurs fortes qui rejetaient les tanneries à l’extérieur des villages.

On travaillait également le lin que l’on réservait pour les vêtements « du dimanche » et parfois quelques draps.

 

 

Scierie aux TinesCopyiright Mme Luisier

Scierie aux Tines
Photo Mme Luisier

Mais encore plus fréquents étaient les moulins de scieries dont le bois servait à la construction, à la fabrication du mobilier, aux  outils et alimentait les chauffages des maisons. Ce matériau était à la base de l’économie locale. Chaque hameau possédait une à deux scieries.

Il est intéressant de noter qu’en 1829 l’administration cherchait à contrôler ces scieries qu’elle considérait « comme nuisibles » à la conservation des forêts, car nombreux étaient les propriétaires faisant des coupes de bois dites bois de lune (c’est-à-dire coupé de nuit sans aucun contrôle).

 Il y avait aussi quelques moulins couplés avec des forges. La forge comprenait un martinet indispensable pour travailler les outils agricoles.

Ex le 28 octobre 1861 (concernant la fabrique de sonnettes )

Scierie Tronchet du bord d'Arve dans rue des moulins

Scierie Tronchet du bord d’Arve dans rue des moullins

Joseph Auguste Tronchet meunier cède aux frères Michel et Pierre Devouassoud, maréchaux et serruriers,  «le droit de placer dans la « bezière »  provenant de la rivière Arve qui fait mouvoir les moulins que le dit venant possède au sommet du bourg de Chamonix deux roues pour la mouvance d’un martinet et autres artefacts que les frères Devouassoud vont établir ».

 

Tableau : peintre anonyme. Copyright Fond PAYOT

Un moulin dépendait  d’une installation hydraulique pour amener l’eau.Celle-ci était conduite au dessus de la roue à aubes par une canalisation de bois inclinée, sorte de chenal suspendu à ciel ouvert.  Souvent l’eau était détournée du lit principal du torrent par une bédière.

_MG_6779Par sa force, l’eau actionnait le mouvement de la roue. La plus grande difficulté était d’avoir une amenée d’eau régulière. Les rapports de syndics du 18ème précisent que beaucoup de ces scieries ne fonctionnaient qu’en période de « hautes eaux », c’est à dire à la fonte des neiges ou en période de grandes pluies. D’ailleurs les scieries ne pouvant fonctionner toute l’année, les scieurs se faisaient bûcherons ou louaient leurs bras.

 

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 HISTORIQUE  DES DIVERS ACCORDS NOTARIÉS SIGNES

DANS LA VALLÉE   avec carte  de 1731

Historique moulins24022014 

Carte de l'Arve et ses moulins Mappe sarde Copyright Archives départementales

Carte de l’Arve et ses moulins
Mappe sarde
Copyright Archives départementales 10 G 273 BIS

 

La charmante petite chapelle protestante d’Argentière

Nous connaissons tous la chapelle anglaise de Chamonix, face à la gare SNCF, implantée depuis 1860.  Mais combien connaissent   la chapelle protestante d’Argentière, située au fond du village, en retrait dans un lieu calme et protégé .

Dans le territoire des Savoies, depuis la rude période de la réforme du 16ème siècle, l’église catholique était omniprésente, veillant au salut de ses paroissiens.Elle reconstruit avec éclat nombre d’églises et chapelles, afin que chacun se mette sous la protection divine, mais catholique.

Cependant, dans le pays du Mont Blanc, avec l’arrivée des visiteurs étrangers au cours du XIXème, six temples protestants seront édifiés au fil des ans sur les lieux de villégiature.

Chapelle anglaise construite inaugurée en 1860

Chapelle anglaise construite inaugurée en 1860

La chapelle anglaise de Chamonix deviendra, au cours du XXème siècle, un temple de l’Eglise réformée de France.

Un résident, protestant,  Raoul Allier, normalien, professeur de philosophie à Paris, avait pour habitude de séjourner durant ses vacances à Argentière et de descendre au culte à Chamonix. Dans la chaleur de l’été 1914, il voit partir son fils Roger avec les jeunes hommes d’Argentière vers les champs de bataille de l’est de la France. Il n’aura plus de nouvelles jusqu’en mai 1916 quand lui est apportée la terrible annonce du décès de son fils dans la tourmente de cette guerre meurtrière.

Terrassé par cette douleur indicible, il réagit en organisant de nombreuses conférences ayant pour sujet la guerre. Il consacre son énergie à essayer de réconforter les souffrances humaines tout autour de lui.Quoique laïc, il est nommé doyen de la faculté de théologie protestante de Paris.Il aime à séjourner à Argentière. Ce monde de la montagne l’apaise. Il donne des conférences  dans les salles de restaurants d’Argentière. Il se constitue  ainsi tout un réseau d’amis qui partagent avec lui les mêmes convictions. C’est ainsi qu’ils conçoivent l’idée de construire une chapelle.

Chapelle protestante d'Argentière
Chapelle protestante d’Argentière

Avec eux il acquiert des terrains au pied de la moraine. Ces parcelles de piètre qualité ne laissent pousser qu’arbustes et buissons. Sera construite ici, dans ce lieu reculé et champêtre, une chapelle en bois de mélèze avec un toit d’ancelles, selon la coutume locale.

 Elle fut Inaugurée en 1920.  Raoul Allier en sera le premier prédicateur. Deux ans après est construit le presbytère pouvant héberger les pasteurs de passage.

Très vite les Argentérauds , bien que catholiques participeront aux fêtes organisées chaque année par la communauté protestante. Les anciens s’en souviennent encore avec beaucoup d’émotion.

 Durant la sombre période de l’occupation de 1943-44, le presbytère sera un des relais mis en place dans toute la vallée par la CIMADE pour le passage des familles juives vers la Suisse. Elles seront cachées dans la cave en attendant le moment pour franchir, avec les passeurs,  la frontière toute proche.

chapelle protestante intérieurChargée d’histoire, sobre mais lumineuse,   notre chapelle protestante, toujours dans son aspect d’origine, toujours sans électricité, mérite le détour par les confins d’Argentière.

 

Article réalisé grâce aux documents  donnés par l’église réformée Arve mont Blanc

La longue errance des casinos de Chamonix

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Hôtel de l’Union

La  première  activité connue de casino à Chamonix s’exerce  durant la Belle Époque, aux alentours de 1886,  dans les salons de l’hôtel de l’Union, lieu ou l’on se réunit pour lire, bavarder, jouer, danser…  Ce premier Casino, ainsi  qu’un débit de boissons seront officialisés en 1891 par Adolphe Schreiber.

Copie de Villa des Fleurs annexe de hôtel de l'Union
La villa des Fleurs
Copyright Gay Couttet

Mais très vite, faute de place,  l’activité se déplace en face de  l’hôtel à la Villa des Fleurs (actuelle Potinière).

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Projet de casino de 1892

Dès 1892, Mr Lespinasse, directeur du Casino de l’hôtel, présente le projet ambitieux d’un casino grandiose au Bois du Bouchet. La commune, intéressée, lui concède  la parcelle mais lui demande en échange de construire à proximité un hôtel de 300 chambres au « confort le plus raffiné ».  On offrira des cures hydrothermales avec l’eau sulfureuse des Mouilles, des « cures de lait » grâce à une laiterie moderne, et tous les soins d’une station « climatérique ». Mais Mr Lespinasse abandonne  Chamonix en 1893,  laissant une dette de 90Fr.

Casino Villa des Fleurs hôtel de l'Union à gauche
Casino Villa des Fleurs hôtel de l’Union à gauche

Le Casino continue donc son activité  à la Villa des Fleurs et à l’hôtel de l’Union.

La Villa des Fleurs est  tenue par Mr J. Cusin qui  y fondera quelques années plus tard  « le Muséum de Chamonix » où il proposera des conférences avec projections lumineuses. Le Muséum sera transformé plus tard en « grand cinématographe du Mont Blanc.)

Casino du Bois du Bouchet copyright Gay Couttet
Casino du Bois du Bouchet
copyright Gay Couttet

En janvier 1903, la nouvelle rue de la plage est ouverte. Le conseil municipal loue pour 24 ans à Mrs Henry Devouassoud et Jacques Curral  22 ha au Bois du Bouchet. Ils  ont le « droit d’y construire tout ce qui pourrait intéresser le touriste et lui rendre le séjour plus agréable ». Six mois plus tard, la concession est cédée à une société anonyme, « le Casino municipal ».

En 1905,  le casino  du Bouchet ouvre avec une grande salle de théâtre, des salles de jeux, de lecture et de concert.  L’autorisation des jeux est accordée en 1908.

Mais ce casino municipal peine à fonctionner, il est  mal chauffé en hiver, les charges sont trop lourdes. Le bâtiment se délabre peu à peu. Laissé à l’abandon durant la guerre, il fera faillite en 1928. (Le bâtiment servira plus tard d’accueil et de vestiaires pour la Plage de Chamonix, jusqu’à la construction du centre sportif dans les années 1970.)

On envisage un temps la destruction de l’hôtel Royal pour la construction d’un immense palais – casino avec 3 000m2 de surface. Puis un autre projet sur l’emplacement de la villa des Fleurs (actuel Kursaal). Ou encore sur l’emplacement de l’annexe de l’hôtel du Mont Blanc (actuelle boulangerie ST Hubert).

Le Casino Palace
Le Casino Palace

En attendant la concrétisation d’un de ces projets,  le casino est installé dans les salons du Chamonix Palace (La Résidence actuelle). Il fonctionne très bien.

Abandonnant l’idée de construire un casino dans la rue centrale de la ville,   la commune accorde l’autorisation de la construction du Casino du Mt Blanc sur l’Arve en 1926.

Celui ci appelé en 1926 casino du Mont Blanc deviendra salle Michel Croz, en 1970 salle des fêtes et salle de spectacles,  qui sera entièrement détruite par l’incendie de 1999.

casino du Mt Blanc copyright Gay Couttet
Casino du Mont Blanc construit au dessus de l’Arve (photo Gay Couttet)
année 1930 qui deviendra en 1970 salle Michel Croz

Salle des fêtes Michel Croz (ancien casino)
Salle des fêtes Michel Croz (ancien casino)
Année 1980

Casino dans l'ancien hôtel Royal
Casino dans l’ancien hôtel Royal

 

 

 

Le casino sera ensuite hébergé à l’ancien hôtel Royal à partir des  années 1970.

A Chamonix une ancienne villa typique de l’Art Nouveau : l’hôtel de l’Aiguille Verte

hotel aiguille verte 5Cet hôtel en sortie de ville, riverain de la route des Praz, mérite plus qu’une observation rapide de sa façade. Construit en ces débuts du XXème siècle, il est l’une des plus belles expressions architecturales de l’art nouveau à Chamonix.hôtel aiguille verte

Jules Bossoney, maire de Chamonix entre 1908 et 1920, est l’initiateur de la construction de cette superbe villa en 1906, à titre privé.

Tout d’abord guide, il participe à la construction de l’observatoire Janssen et à l’édification des refuges de la Charpoua et du Couvercle. Par la suite, élu de la commune, il se révèle un maire dynamique et entreprenant en cette période faste de la Belle Epoque.

Dès l’origine, cette villa est destinée à recevoir des visiteurs, qui sont de plus en plus nombreux dans la vallée. La construction comporte deux maisonnettes identiques reliées par une entrée commune.

Chaque habitation possède un salon, une salle de bains, une cuisine, des chambres en étage, une loggia et un logement pour le personnel.

détail aiguille verte 2

La courbe est inhérent à l’Art Nouveau

Mais l’originalité de cette villa réside dans le choix de son décor résolument art nouveau.

faience aiguille verte

Le travail de la céramique est majeur dans l’art nouveau

La façade réunit une grande diversité de matériaux : bois, faux colombages, larges verrières dans la véranda, briques dans les angles, le tout typique de cette expression artistique.

aigui verte 2Des céramiques aux couleurs éclatantes ont résisté au temps. Magnifiques, variées, elles ornent, selon la tradition de l’art nouveau, les dessous de fenêtres.  Les ferronneries en volutes des rambardes sont à l’image de ce style décoratif  nouveau en France.

L’intérieur se singularise par des sols faits de carreaux de ciment joliment décorés. Différents selon les pièces,  ils ont été conservés et portent témoignage des nouvelles techniques découvertes à cette période.aigui verte 7

Cette ancienne villa illustre avec réussite la fantaisie de cette expression architecturale qu’est l’art nouveau en cette période de la Belle Epoque. Elle montre par ailleurs la volonté d’un maire sensible aux modes décoratives et faisant preuve de modernisme.

Aujourd’hui exploitée en hôtel depuis 1945, elle aurait un besoin urgent de restauration. C’est pour les propriétaires et pour les amoureux du patrimoine un sujet de vive préoccupation.

page 1438

Copyright Mme Gaubiac

 

Venance Payot (1826-1902) : guide naturaliste, éditeur, collectioneur, conseiller municipal, maire …

Un chamoniard naturaliste mais aussi guide, élu local, marchand, collectionneur, éditeur…Un homme actif de son temps.

Manuscrit écrit par Venance Payot

Il fait le Mont Blanc à 15 ans, il sera naturellement guide et son intérêt pour la géologie, la faune, la flore, les glaciers le conduira à participer aux expéditions des scientifiques venant à Chamonix. Il accompagnera ainsi le fameux Dr Pitschener en 1861.

A plusieurs reprises conseiller municipal il deviendra maire pour deux mandats le 1er de 1863 à 1864 puis de 1881 à 1882. Il obtiendra également un siège de conseiller d’arrondissement de la Haute Savoie de 1892 à 1898.

Il s’opposera farouchement au projet de la construction du train du Montenvers publiant un pamphlet virulent contre la décision de la préfecture.

Il possédait au centre de Chamonix un magasin au nom de « Cristal de roche »ou il proposait à la vente cristaux,

Boutique "au cristal de roche" à gauche de la photo

Boutique « au cristal de roche » à gauche de la photo

pierres diverses, papillons, objets en tous genre, livres etc.…

Il est l’auteur de nombreux guides et brochures destinés aux touristes qu’il vendait dans son magasin ou déposait dans les hôtels de Chamonix..

Ce naturaliste atypique avait accumulé tout au cours de sa vie coléoptères, minéraux, fossiles herbiers….se constituant ainsi une des collections les plus intéressantes de la région. Il échangeait très régulièrement avec les scientifiques de l’époque et de nombreuses sociétés savantes européennes.

Un érudit à part entière.

Mosaïque sur la façade de la banque Laydernier rappelant l'emplacement de la boutique de Venance Payot

Mosaïque sur la façade de la banque Laydernier rappelant l’emplacement de la boutique de Venance Payot.

Conscient de sa collection étonnante il décide à l’âge de 70 ans de léguer ses diverses collections à la ville

d’Annecy. Les objets seront accompagnés d’une somme d’argent dont les intérêts devaient servir à perpétuité à l’entretien de ses collections. Celles-ci furent exposées a partir de 1900 dans une pièce particulière du musée d’Annecy.

Actuellement les collections sont rangées dans les magasins et réserves de la bibliothèque d’Annecy.

Elles furent exposées temporairement il y a quelques années au sein même de la bibliothèque de Bonlieu à Annecy.

Celle-ci a désormais, grâce à ces collections exceptionnelles, mis en ligne  sur le site de Lectura un parcours très intéressant  et très instructif sur Venance Payot.

A découvrir en cliquant sur le lien ci-dessous : ↓

                                     Venance Payot

La dernière éxécution capitale à Chamonix

 

Elle remonte au 28  janvier 1868, huit ans après l’annexion.

Elle est relatée par Stephen d’Arve, chroniqueur de la vie chamoniarde, qui a assisté à la mise à mort sur le pré de foire, actuelle place du Poilu.

L’homme qui a été guillotiné, condamné à mort pour assassinat par la Cour d’Assises  d’Annnecy, n’avait pourtant pas tué sa victime qui avait réchappé à son  agression.  C’est dire à quel point la justice de cette époque était expéditive !

Plan du lieu du meurtre dressé par la police Archives départementales

Plan du lieu du meurtre dressé par la police
Archives départementales

Le « crime » eut lieu dans  la nuit du 12 au 13 août 1867, dans le petit village de Vallorcine. A 10h du soir, un homme vint frapper à la porte du presbytère et réveilla l’abbé Mariaz, curé de Vallorcine. Il lui demanda de venir porter secours à son camarade  très malade, recueilli à la caserne des douaniers du Chatelard. Le curé suivit l’homme en toute confiance, mais arrivé au pont sur l’eau noire, celui-ci lui assena plusieurs coups de gourdin sur la tête puis le poussa dans le torrent.

Blessé mais vivant, le prêtre parvint à se hisser hors de l’eau et alla chercher secours chez un voisin.

Pendant ce temps, le bandit retournait au presbytère et, sous la menace, exigeait de la servante Mélanie qu’elle lui remit les économies du curé, quatre pièces de cinq francs et sa montre en or, puis  s’enfuyait.

Aussitôt  on se lança à la recherche de l’ « assassin ». Celui-ci fut arrêté pas loin de la frontière par les douaniers. C’était un valdotain du nom de Vicquery François-Basile, scieur de long de son état.  Il nia farouchement être l’auteur du crime, mais un enfant avait retrouvé son chapeau dans l’Eau noire, perdu au cours de la rixe. Le chapeau portait la marque d’un fabriquant d’Aoste, c’était une preuve ! Il fut transféré à la prison de Bonneville.

Le procès d’Assises s’ouvrit à Annecy le 17 décembre 1867 devant une foule nombreuse. L’accusé continua à

Le drame de Vallorcine raconté par Stephen d'Arve

Le drame de Vallorcine raconté par Stephen d’Arve

nier toute participation au crime. Le jeune avocat commis fit, en vain, tout ce qu’il put  pour atténuer sa culpabilité en arguant des « coups et blessures sans intention de donner la mort ». Le jury, à l’unanimité, répondit  par l’affirmative aux cinq questions posées par le président. Le verdict est rendu par la cour : « La cour condamne l’accusé Vicquery à la peine de mort et ordonne que l’exécution publique aura lieu à Chamonix ». Le pourvoi en cassation et le recours en grâce par Napoléon III furent rejetés.

La  veille du jour fatidique, deux « Messieurs »  sont venus  à Annecy « prendre livraison »  du condamné pour le conduire sur le lieu de son exécution.   L’un était l’exécuteur en titre de Grenoble, l’autre celui de Chambéry. Ils étaient accompagnés de l’abbé Laffin. On fit croire à Vicquery  qu’on devait le conduire à Chamonix pour un complément d’enquête, mais apparemment  il n’en crut pas un mot.  Pendant le voyage, le prisonnier refusa toute nourriture et toute boisson tandis que les messieurs et  leurs accompagnants se restauraient lors des étapes. A Servoz la calèche fut remplacée par un traineau à neige.

Le condamné reçut de l’aumônier une dernière absolution, baisa le crucifix, et gravit les huit marches de la plateforme,  soutenu par les deux exécuteurs. Une foule d’environ 1500 personnes se pressait  autour de l’échafaud, c’est-à-dire l’équivalent de  la population de Chamonix. On y dénombrait  de nombreuses femmes.

C’est ainsi que fut guillotiné à Chamonix le valdotain François Basile Vicquery . « Ce n’était heureusement pas du sang français » commenteront les spectateurs…

Stephen d’ Arve  ne relata toute cette histoire que  30 ans plus tard, en 1901,  dans un petit livre intitulé « Le drame de Vallorcine ». Dans son épilogue, citant Victor Hugo, il pose franchement la question de l’inhumanité de la peine capitale, supprimée depuis longtemps en Suisse et en Italie.  « Etait-il nécessaire de faire jaillir à si grands frais tant de sang humain sur la neige immaculée de Chamonix ? »

 

Qu’est la fontaine de Claudine ?

Litho la fontaine de ClaudineDans la collection des  tableaux de Gabriel Loppé exposés au musée Alpin  de Chamonix, une lithographie porte le titre «de la Fontaine de Claudine ».

Quelle était donc cette fontaine inconnue de nos jours ?

Est-ce le fruit de l’ imagination du peintre ? Sur la lithographie,  on devine le chemin qui conduit au Montenvers. Du temps de Loppé  existait déjà  sur ce chemin la fontaine de « Caillet ». Mais pourquoi la fontaine de Claudine ?

La réponse est dans la littérature de l’époque. Un écrivain connu  en ces temps romantiques, Etienne Pivert de Senancour, se rend  à Chamonix. Il découvre la vallée et, Inspiré par ce milieu magique,  il écrit quelques ouvrages dont un intitulé « Oberman », roman où la nature,  à l’image de la vision romantique de cette période,  prend une place prépondérante.

Il écrit également un petit roman intitulé : « Claudine, nouvelle savoyarde »

Cet ouvrage très à la mode du temps de Loppé nous raconte l’histoire d’une jeune fille séduite par un anglais sur le chemin du Montenvers…  D’où le tire de la lithographie.

Petit roman à découvrir ci dessous :

Pour tourner les pages mettre le curseur sur la flèche blanche

 

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