Grotte naturelle ou grotte artificielle au glacier des Bois ?

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Aquarelle de Samuel Birmann                                                                                          « La mer de glace et le villages des Pratz en août 1823 »

Dès la fin du 18ème siècle, les premiers visiteurs venus à Chamonix avaient pour habitude  d’aller découvrir la grotte naturelle formée  au niveau de la langue terminale du glacier des Bois et par laquelle jaillissait la source de l’Arveyron.

Le site était particulièrement impressionnant en raison du vacarme provoqué par l’eau qui s’en échappait.

Mr Martel venu en 1742 ( qui donna le premier le nom de « Mont Blanc » à ces monts affreux)  découvre cette grotte dont parlent ses guides, elle a alors 26 mètres de haut.

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Aquatinte en couleur de Samuel Grundmann.                                                   Vue extérieure de la grotte de l’Arveyron .1826

Plus tard,  le genevois Marc Théodore  Bourrit, lors de ses nombreux voyages   à Chamonix (entre 1760 et 1790),   aimait beaucoup emmener des visiteurs à la découverte de ce lieu « magique ».

Que vous dirai-je des sources de l’Arveyron ? Rien, assurément qui puisse vous donner l’idée de cette merveille… Imaginez un portique immense en forme de cintre, l’Arveyron sortant en bouillonnant au fond de cette voûte de glace que le soleil embellissait de toutes les couleurs de l’arc en ciel. Des quartiers de rochers, des masses énormes de glaces détachées, environnant cette redoutable enceinte et semblant en défendre l’entrée. Nous pénétrâmes à travers ces débris mais l’Arveyron empêche que l’on puisse pénétrer plus savant. Nous en vîmes assez pour juger de l’enfoncement prodigieux de la voûte et de la beauté de la glace….Cette voûte tombe, s’écroule,  en éclats, chaque année et se ferme, puis reparaît à la fonte des neiges… »

Horace Bénédicte de  Saussure, ce naturaliste genevois qui fit la 3ème ascension du Mont Blanc, en parle comme une excursion facile. Par lui on apprend que l’on   met une heure pour s’y rendre mais il précise qu’il peut y a voir un certain danger, souvent des blocs de glace s’effondrent…

En 1800 elle mesure 32m de haut. En 1816 elle   reçoit la visite des poètes romantiques qu’étaient Byron et Shelley.

La langue glacière à cette époque arrivait au niveau du pas de tir récemment aménagé.

 Cependant, en Suisse,  à Grindelwald, sur le glacier inférieur, une grotte artificielle est réalisée dès 1861. Cette idée germa à Chamonix. Un «étranger » propose  d’en creuser une au glacier des Bois. L’autorisation lui fut  refusée par la mairie mais une année plus tard une concession est donnée aux guides Jean Marie et Michel Couttet. Le projet aboutit durant l’été 1863. On creuse une galerie de 26 m qui conduit à une rotonde. A côté existait une crèmerie appelée « Au Touriste ».

Ce fut la première grotte artificielle de Chamonix.

Photos de la grotte  à découvrir dans l’ouvrage de Rémi Fontaine « Chamonix et ses glaciers. les premières images ».Page 122 et 123

En 1868, Théophile Gauthier passe quelques jours à Chamonix. Dans son livre Vacances du Lundi il écrit :

glacier_des_bois_a..On arrive en serpentant à travers des blocs de rochers en désordre, de flaques d’eau sur lesquelles sont posées des planches …Un guide qui se tient dans un petit chalet décoré de photographies, nous mena voir, un peu malgré nous, la curiosité qu’il exploite. On paye cinquante centimes par personne. Ce n’est pas cher sans doute mais cela vous détourne de votre but. C’est une sorte de cave d’azur, un trou dans le flanc du glacier, que nous soupçonnons fort d’avoir été élargi et régularisé de main d’homme. A l‘entrée  le jour pénétrant l’arcade de glace produit un effet assez magique. On avance suivant dans la boue une planche étroite et protégé par un parapluie de coton contre les gouttelettes qui tombent  de la voûte avec un tintement sonore. Quelques chandelles grésillantes, placées de loin en loin, jouent de leur les feux de Bengale et tâchent inutilement de donner à cette caverne humide un aspect féerique. On revient sur ses pas et l’on se trouve avec plaisir hors de cette atmosphère moite et glaciale.

Le tour est fait et vous êtes libre d’aller admirer à quelques pas la grande arche de cristal par laquelle l’Arveyron sort en bouillonnant du glacier impatient de se produire à la lumière après avoir si longtemps cheminé …

1867 voit le  renouvellement du bail  .

En 1869 Venance Payot évoque une galerie de 100 mètres de long difficile à réaliser. Ensuite il n’y aura plus de grotte artificielle .La grotte naturelle disparaîtra elle aussi…grotte de l'arveiron vers 1865

 

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Grotte glacier des Bossons

La grotte du glacier des Bossons creusée vers 1865, facile d’accès  devient la grotte la plus connue de la vallée.

On oubliera définitivement la grotte du glacier des Bois

 

 

 

@Histoire et patrimoine de la vallée de Chamonix

Christine Boymond lasserre

Une heureuse initiative : la restauration de la chapelle des Tines

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Depuis des temps immémoriaux,  les habitants du village ont témoigné leur attachement à cette chapelle consacrée à Saint Théodule.

Ici, au Moyen Age, un oratoire consacré à Saint Roch, le protecteur contre la peste,  fut élevé à la suite d’une épidémie de cette maladie qui, selon la légende, s’est arrêtée  aux Tines.

En 1500, une bulle papale nous apprend l’édification d’une chapelle dédiée à Saint Théodule.

Ce document est intéressant car il y est précisé que cette chapelle se situe au village du Chastelard, qui fut plus tard détruit par l’avancée du glacier des Bois.

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Le culte de Saint Théodule, premier évêque du Valais,  fut probablement initié par une population locale très tournée vers cette région. Beaucoup y travaillaient, nombreux    étaient ceux qui allaient sur les marchés de Martigny et  étaient donc familiarisés avec le culte de ce valaisan.

Qui est saint Théodule ?. Cliquer ici Saint Théodule

Pendant plus de 250 ans les habitants  s’astreindront à entretenir le  bâtiment, feront donner  régulièrement des messes et des prières par le biais de fondations dont certaines sont nommées dans des documents notariés.

voir ci dessous .

Petite histoire de la chapelle des Tines

 

En 1777 la chapelle est réédifiée.Mais elle fut détruite durant la révolution au moment de l’occupation française.  Puis elle  renaîtra encore  par la volonté des habitants, qui ensuite se feront fort de l’entretenir.

La dernière décoration intérieure est due aux royalistes de la vallée de Chamonix. Sous l’impulsion de Mr Cheilan, propriétaire de l’hôtel Excelsior, elle sera ornée en 1938 d’un décor à la mémoire du vœu de Louis XIII. Effectivement, pour le 300ème anniversaire  de ce vœu qui vit le roi mettre la France sous la protection de la Vierge après que celle-ci lui eut  accordé un fils, les royalistes locaux orneront la chapelle de fleurs de lys, d’une statue dédiée à Jeanne d’Arc et d’une autre à Saint Louis, protecteur des rois de France.

Tel est le décor actuel. Celui que les habitants des Tines ont décidé de restaurer.

Le maître hôtel est orné d’un grand tableau représentant Saint Théodule. De quand date-t-elle ? Pour le moment nul ne le sait.

IMG_1546Mais ce tableau est très détérioré par l’humidité  et nécessite très vite une restauration méticuleuse avant qu’il ne soit totalement  détruit.

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De même les magnifiques vitraux réalisés par Mr Elie Pellegrin des Praz nécessitent une remise en état.

Une association vient de se créer. Elle porte le nom de « Association des Amis de la Chapelle Saint Théodule ». Son but est d’assainir sa structure, de  restaurer son décor intérieur, et de lui redonner vie. Une fois de plus, il est fait appel à toutes les bonnes volontés pour  contribuer à cette action.

Croyants ou non-croyants, cette chapelle fait partie de notre passé commun. Elle est le témoignage de la vie du  village depuis des siècles.

Participons tous à cet élan collectif.

Découvrir le site de l’Association des amis de la chapelle saint Théodule aux Tines

 

POUR ADHÉRER CI DESSOUS LE FLYER

FLYER les amis de la chapelle saint Théodule

 © Blog histoire – patrimoine- Chamonix

Christine Boymond lasserre

Ou en est-on du grand hôtel Couttet ?

Grand CoutetAbandonnés depuis plusieurs  années, menacés de destruction, les  bâtiments de l’hôtel sont  dans un état déplorable, à l’extérieur comme à l’intérieur.La municipalité a enfin décidé d’engager un processus de mise en valeur.

 

 

Nous sommes tous heureux de cette décision.

Peut on rêver  d’ une façade restaurée comme ci dessous ?

Façade idéale

 

 

 

 

 

 Tout commence par la chronique  d’une famille hôtelière chamoniarde qui aura marqué de son empreinte les plus belles années de la Belle Epoque  jusqu’aux  années folles. A la lecture des journaux de ces années, entre 1880 et 1935,  on découvre ce que François Couttet et ses enfants ont apporté au développement économique chamoniard.

 

 Petit historique :

Ici, sur ces lieux mêmes, François Couttet (né en 1828)  dit « Baguette », guide de haute montagne, avait l’habitude dès, les années 1855 d’héberger ses clients dans sa maison familiale. Son abord sympathique,  sa bonhomie,  étaient très appréciés des britanniques. Ceux-ci l’incitèrent à construire une auberge afin de recevoir dignement ses clients qui appréciaient son savoir faire et ses connaissances.

Pension Couttet

L’hôtel pension Couttet édifié en 1867 avec la maison de famille à droite

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Le grand hôtel Couttet et du parc construit en 1880

Il construisit ainsi dès 1867 «  l’Hôtel Pension Couttet ». Fort de son succès,  une dizaine voire une quinzaine  d’années plus tard,  il édifia le Grand Hôtel Couttet  qui deviendra  le Grand Hôtel Couttet et du Parc. Les fils Joseph et Jules à leur majorité  prennent la succession après  leur sœur aînée. L’hôtel connait de belles heures dans les années 1920 -1935.  Il fonctionne au ralenti pendant la guerre. Loué , il arrêtera  définitivement ses activités hôtelières en 1946.

François Couttet a eu  cinq enfants. Ses filles  (Joséphine, Aline, Sarah ) ont ouvert à leur tour les hôtels des Alpes, du  Beau site et du Savoy. Ses deux fils Joseph et Jules tiendront l’hôtel  et seront très actifs dans la vie locale.

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Whymper qui décéda en 1911 à l’hôtel Couttet

 

 Des personnages illustres y séjournèrent . Ruskin, Daudet, Mummery. Whymper y est mort. L’histoire de l’alpinisme du 19ème notamment par ses pionniers anglais trouve là ses racines.

 

 

 

 

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 Les bâtiments sont transformés en 1946 en  préventorium  (pour enfants atteints de primo-infection tuberculeuse) sous la dénomination « Centre Guynemer », que l’on appelait à Chamonix le Centre Couttet. Vers 1950 sont construites les terrasses en béton. L’activité du préventorium cesse en 1970.

 

 

Pub hôtel Couttet

 

L’ensemble se compose de trois  bâtiments, le petit Couttet, le moyen Couttet et le grand Couttet.

Le petit Couttet (au milieu) correspond à la pension Couttet ouverte en 1867. Le moyen Couttet ( à gauche) de la même période abritait probablement le personnel de l’hôtel ainsi que les domestiques   des clients venant à l’hôtel.

 

Intérêt  Architectural de cet ensemble Belle Epoque  

Petit et Moyen Couttet

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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 Histoire et patrimoine Chamonix

Christine Boymond Lasserre

 

Stèle à la mémoire de Charles Edward Matthews (1834 -1905)

 

 

_MG_1838Dans le parc de l’ancien Grand Hôtel Couttet et du parc, parmi les ronces et les herbes hautes  se trouve une stèle dont l’inscription est devenue illisible. Menacée par le non entretien, l’oubli et  l’indifférence cette stèle cependant rappelle les liens étroits d’une vieille famille hôtelière chamoniarde avec ses clients anglais.

Taillée dans le granit cette stèle est sculptée d’un poème dédié à Charles Edward Matthews qui oeuvra  avec son frère William à la fondation de l’Alpine club  en 1857.

Il en fut le président de 1878 à 1880. Pendant plus de 40 ans il arpenta les Alpes, grimpa avec les meilleurs de son temps dont Leslie Stephen ou Whymper .Il réalisa  quelques premières et fit, entre autre, une douzaine de fois l’ascension du Mont Blanc. De cette expérience il écrivit en 1898  une monographie du Mont Blanc intitulé «  les Annales du Mont Blanc » en y faisant un historique détaillé, décrivant avec moult détails les diverses voies d’accès sur ce sommet mythique.

Si il se rendait en Suisse régulièrement il ne pouvait se passer de Chamonix et son lieu de résidence était cet hôtel réputé de l’époque « le grand hôtel Couttet et du parc ». Ici les alpinistes anglais  avaient pour habitude depuis près d’un demi-siècle  de résider dans cet hôtel confortable et où l’accueil était toujours chaleureux.

A sa mort l’Alpine Club admiratif de cet homme exceptionnel décida d’y installer une stèle à sa mémoire dans le parc de son hôtel préféré Et est inscrit en latin …

« Les amoureux de la montagne

A un amoureux de la montagne

Les membres de la fraternité alpine

A un de ses membres

Les frères à l’un de ceux qui ont

Assisté les fondateurs

Les amis à un amis très sur

Il s’en est allé pleurer partout. »

 

En 1907, l’Alpine Club de Londres a fait ériger cette stèle en l’honneur de l’un des siens, parmi les meilleurs, dans le jardin de l’hôtel Couttet.

 Christine Boymond Lasserre

Histoire et patrimoine de Chamonix

 

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Les façades changeantes de l’église de Chamonix

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Depuis le XIIème siècle,  Chamonix possède une église.  Elle ne fut  tout d’abord  qu’une chapelle pour les Bénédictins installés dans la vallée par les comtes de Genève,  construite selon  l’orientation traditionnelle  Est- Ouest.

De par son emplacement, elle est au cœur de la vie chamoniarde.  Ici  ou à ses abords immédiats se déroulent nombre de cérémonies, réunions publiques.  Les chamoniards défendent leurs intérêts à l’intérieur même de cet édifice dont ils ont la charge. Elle est détruite par un incendie le 4 décembre  1583… «La maison et l’église du prieuré qui furent harses et bruslés ». On entreprend de nouveaux  travaux en 1587.

 Elle est  reconstruite si sommairement qu’en 1606, lors de la visite de l’évêque Saint François de Sales, celui-ci en note l’état de  délabrement.

Probablement trop vétuste et devenue insuffisante ou exigüe,  elle est reconstruite de 1702 à 1709 dans son orientation  actuelle*, par des maîtres italiens originaires du Valsesia,  aux frais des paroissiens, hormis le chœur que financent les chanoines de Sallanches. Seul est conservé l’ancien  clocher.

index - CopieL’église est de style baroque. Elle  est consacrée le 8 septembre 1714. Le nouvel évêque remarque sa « magnificence » et la considère comme une des plus belles églises de son diocèse. Plus tard,  en 1758 un nouveau et violent incendie détruit la charpente et une grande partie du mobilier. L’église perd alors son décor typique du XVIIIème siècle.

Au  XIXème, la vallée s’ouvre au tourisme, l’église s’orne alors d’un décor empire qui subsistera jusqu’en 1926. Détériorée par les nombreuses infiltrations d’eau, l’église sera peu à peu dépouillée de son ornementation. Ne seront conservés  que le retable principal et les retables latéraux.

16092015 - CopieSi l’aménagement intérieur  varie avec le temps et les modes, il en est de même pour sa façade extérieure qui d’une façade baroque magnifique (élevée en 1709), passe  en 1840 à une  façade composée d’un péristyle avec fronton triangulaire, celui-ci  reposant sur 4 colonnes. Cependant,  on remarque  à l’arrière les restes du décor baroque.

Ceci pour  une quarantaine d’année  seulement car dès 1862, voulant rajouter une travée à l’église (afin de pouvoir recevoir plus de monde) sous les recommandations d’un architecte annécien Mr Camille  Ruphy,  on modifie  à  nouveau   son aspect extérieur.

rue vers église avec bureau des guidesA l’époque,  Chamonix découvre et exploite depuis peu le granit, pierre si dure à travailler. La porte est ainsi agrémentée  d’encadrements de granit mais également  de lourds pilastres  qui ceinturent la façade orientée vers le sud. C’était une grande nouveauté pour l’époque.

Cette façade est toujours la façade actuelle.

L’église de Chamonix sera classée monument historique en 1979 après le passage de monsieur le président de la république Mr Valery Giscard d’Estaing.

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*La première église du XIIème  fut construite dans le sens est- ouest. On ne connait pas à ce jour son aspect. Elle sera reconstruite au XVIIIème dans l’orientation que nous lui connaissons.

 

Edité par Christine Boymond Lasserre

Histoire et patrimoine de la vallée de Chamonix

Le REGINA au village des PRAZ

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De la famille  de Raymond Couttet  des Praz

Ce fut un hôtel prestigieux en cette période de la Belle Epoque. Construit en 1906 par Marie Couttet, veuve avec cinq enfants,  Marie entreprend  la construction de cet hôtel de 5 étages après celle du National des Praz.

regina praz porche 1 - Copie     A l’architecture typiquement chamoniarde, avec ses encadrements de granit, il  possède à cette époque  en face nord (sur la route nationale) un très beau porche d’entrée avec une marquise, hélas détruit depuis.

Sa face sud élégante rythmée par une alternance de balcons offre à toutes les chambres une vue magnifique sur le Mont Blanc. Une longue terrasse au rez de chaussée ouvre sur un grand parc et permet d’accéder aux jardins ombragés.

Il reçoit essentiellement une  clientèle fidèle de médecins et d’enseignants d’Afrique du nord qui souvent restent tout l’été, du 15 juin au 15 septembre; pour cette raison il sera nommé un temps « le grand hôtel d’Orient ».

Cet hôtel, ainsi que le National, n’ouvrent qu’en été, la famille étant propriétaire d’autres hôtels sur la côte d’Azur.

De ce fait, la clientèle n’a  besoin que d’un chauffage dit de « demi saison » lors des froides journées d’été. Seuls les lieux communs fréquentés par la clientèle possèdent des radiateurs, et les clients ouvrent les portes de leurs chambres afin de profiter de la chaleur.

regina praz 1 - CopieLa Gendarmerie nationale  rachète le bâtiment en 1967 pour y recevoir les familles de gendarmes en vacances.Il est rehaussé de deux  étages en son sommet, notamment pour y installer un restaurant panoramique,  et d’une cage d’ascenseur sur le côté dans les années 1970.

Cette transformation esthétiquement malheureuse détruira   l’équilibre originel de cet élégant bâtiment typiquement chamoniard.

Edité par Christine Boymond Lasserre

Histoire et patrimoine de la vallée de Chamonix

Il y a 92 ans les jeux olympiques d’hiver

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Il y a 92 ans, en ce 5 février 1924,  se clôturaient les premiers jeux olympiques d’hiver, et c’était à Chamonix. A l’époque on l’appelait la Semaine Internationale des Sports d’Hiver de Chamonix Mont Blanc. Elle prendra plus tard le nom de Jeux olympiques d’hiver.

Ce fut un réel succès. Celui-ci fut  assuré par des journalistes venus de l’Europe entière, mais aussi des USA.

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Sonia Enye la plus jeune candidate de ces jeux : 11 ans

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

16 nations étaient représentées : 258 athlètes, dont 13 femmes, parmi elles une enfant suédoise en patinage artistique,  Sonia Enye, elle sera la coqueluche des journalistes et des photographes.

39 Français participent aux diverses compétitions dont deux femmes.

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Le couple Andrée Joly et Pierre Brunet : médaille de bronze

L’une d’elle,  Andrée Joly,  gagnera la médaille de bronze de patinage en couple avec Pierre Brunet. WAADO022_HD

 

15 compétiteurs  hommes sont originaires de Chamonix.

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On répertorie 16 épreuves parmi les activités sportives les plus pratiquées de l’époque :

– Patinage : artistique, vitesse,  hockey

– Bobsleigh.

– Ski de fond : 18km-30km-50km.  Les 50km est  l’épreuve la plus éprouvante pour les concurrents. Il fait très froid ce jour là. De nombreux abandons sont à noter.

– Combiné nordique (ski de fond + saut).

 – Épreuves militaires (ski de fond + tir).

– Saut à ski,

-Curling

Le ski alpin ne fait pas encore partie de ces jeux d’hiver. Bien que Chamonix ait en 1908 organisé des  compétitions de ski,  cette discipline   n’est pas encore retenue  par les instances olympiques.

A l’issu de la semaine, la France a  récolté trois médailles de bronze. Une en patinage artistique couple, une en curling et la troisième  en patrouilles militaires avec les concurrents chamoniards les frères Mandrillon.

La France ne sera  que la 9ème nation sur 16. La Norvège première nation de tous les états représentés  récoltera  4 médailles d’or, 7 d’argent et 6 de bronze.

Le maire Jean Lavaivre soutenu par les hôteliers chamoniards aura donné toute son énergie à défendre la candidature de Chamonix. Ilchamonix3 avait compris l’importance de ces jeux qui seront une immense promotion pour la station chamoniarde face aux stations suisses comme Davos ou saint Moritz. Les chamoniards auront participé avec beaucoup d’énergie et de sens du bénévolat … afin que ces jeux soient une réussite.

Un joli souvenir dans l’histoire locale des débuts des sports d’hiver

Cliquer ci dessous sur le titre : film 

 Film tourné en 1924 lors des jeux olympiques d’hiver de Chamonix

 

Sources : « La mémoire des Jeux Olympiques » de Pierre Vitalien

site : http://www.olympic.org

 

 Christine Boymond Lasserre

Histoire et patrimoine de Chamonix

 

Le village des Bois perd-il son âme ?

 

outaLe village des Bois est pour tout chamoniard un des lieux privilégiés où chacun aime à flâner.

Ici l’atmosphère des temps anciens transpire  encore lorsque l’on se promène tranquillement dans ce hameau aux écarts de Chamonix.  Ici des greniers d’origine, des fermes traditionnelles, des maisons mitoyennes témoignages du 18ème siècle. Mais encore  des chemins de servitude menacés par la privatisation.

Les temps changent, la pression immobilière est forte comme ailleurs. Le village ne bénéficie d’ancune mesure de protection

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Ainsi de beaux greniers de pierre ont disparu laissant place à de vagues bâtiments sans âme et sans caractère.

 

 

 

 

Et une des plus belles fermes du hameau disparaît…

Dommage Les propriétaires n’avaient pas pu aller au bout de leur désir de réhabilitation et de restauration de ce lieu magnifique .

Triste ! Non ?

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Histoire et patrimoine Chamonix

Edité par Christine Boymond Lasserre

L’enfant de Shôzô Hamada : une statue ravissante

 

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Une  adorable petite  statue orne depuis  1998 l’entrée des jardins de  Fujiyoshida (au dessus du parking saint Michel  à sa sortie supérieure).

Arrêtez- vous !  Elle vous sourit, vous interpelle, vous invite au à la sérénité.

Cette statuette  exprime la douceur. Elle dégage tant de  de quiétude  que nous pourrions avoir  envie de  l’emporter !  

Offerte à Chamonix,  à l’occasion du vingtième anniversaire du  jumelage de Chamonix avec Fujiyoshida, la cité japonaise a fait appel à Mr Shôzô Hamada  sculpteur japonais, originaire de la ville. Cette statue  est  un joli  témoignage  de la nature  des liens qui lient Chamonix à Fujiyoshida,  sa ville  jumelle depuis 1978.

Cette œuvre,  intitulée « warashiko »signifie « l’enfant » .Elle  révèle le sentiment profond d’un homme  attentif aux  émotions  de ses semblables. Les mains  magiques de cet artiste transforment ce  matériau dur,  si  difficile à travailler. Il  le réchauffe, le modèle et arrive  avec une habileté étonnante à  donner une lumière au  regard de cet enfant. C’est magnifique… Parvenir à faire parler la pierre avec une telle expression est bien la preuve de   son talent.

Mr Shôzô H25012016_0001amada a sculpté ainsi de très nombreuses petites statues du même matériau. Essaimées dans tout le Japon,  elles font la joie des japonais.

 

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La commune de Fujiyoshida avec cette statuette  montre  aux Chamoniards la chaleur et la générosité du peuple japonais.

C’est réussi. Puissions-nous exposer un jour à Chamonix une autre statuette de ce sculpteur si habile et expressif !

 

 Histoire et patrimoine Chamonix

Christine Boymond Lasserre

Les Soldanelles (2) :

Soldanelles filles

 

Suite à l’article sur les préventoriums des Soldanelles et Miremont j’au reçu de nombreux mails de  réactions d’anciens « jeunes malades ». Certains de ces courriers sont effectivement intéressants aussi  je vous propose de partager avec vous quelques uns de ceux-ci.

Tous parlent avec émotion de ces moments passés aux Soldanelles au pied du Brévent. Beaucoup se souviennent de l’extrême gentillesse de Mr et Mme Aulagnier. Leurs souvenirs d’enfants sont touchant voire poignants. Je ne peux m’empêcher de vous les transmettre.

 

miremont 2Bonjour Madame, j’ai trouvé par hasard  votre communication sur le préventorium des Soldanelles, duquel j’ai été pensionnaire de Mars à Juin 1964 à l’âge de 13 ans Cela m’a permis de revivre avec émotion ces quelques mois passés à Chamonix, de revoir le docteur Aulagnier, son épouse – ils étaient très gentils tous les deux, le Miremont où nous passions nos radiographies et les visites médicales, enfin plein de souvenirs, de visages et de noms, des anecdotes qu’il faudrait que j’écrive un jour sur la vie dans cet établissement. Je l’ai recherché lors d’un séjour à Chamonix vers 1995 mais les bâtiments n’existent plus, remplacés par des immeubles d’habitations de masse. Merci Madame de m’avoir donné l’occasion de me remémorer tout cela,

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Madame,

Merci de votre disponibilité. Je vous confirme donc que mon père, le Dr Armand Olivennes ( a l’époque Oliewenstein) a été gardé pour une primo infection tuberculeuse au sana des Soldanelles. Il y est resté pendant plusieurs mois (ou années??) et a été caché dans un grenier par le Dr Aulagnier lors d’une (une c’est sur ou plus??) rafle a la recherche d’enfants juifs (par des français ou allemands?). 

Je recherche donc la famille de ce Dr Aulagnier. 

Si vous avez des informations sur les prénoms des enfants Aulagnier, je suis intéressé. Peut être par l’état civil de la mairie de Chamonix. 

Bien a vous. 

Pr François OLIVENNES

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Livre  « L’autre éducation sentimentale » de Pierre-Jean REMY, de l’Académie française, qui raconte son séjour aux Soldanelles en 1951, à partir de la page 70  jusqu’à la page 85.

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En tant qu’ancien pensionnaire, J’ai pris connaissance de votre page sur les préventoriums le Miremont et les Soldanelles avec émotion…

Christian Leygnier

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SOUVENIRS DE MON SÉJOUR AUX SOLDANELLES,

préventorium de Chamonix, de mars à juin 1964.

Comte DP

Si je dois remonter le fil de ma mémoire pour me remémorer ce court séjour en Haute-Savoie, je me revois d’abord quittant un soir le port de Marseille avec Maman, disant adieu à Papa et à mes frères et sœurs qui nous avaient accompagnés depuis la Corse jusque là, pour rejoindre la Gare Saint-Charles en exergue d’un voyage nocturne dont la perspective ne m’enchantait guère…Une atmosphère fébrile enveloppait alors l’immense halle métallique, un brouhaha de cris, de sifflets, des porteurs qui se bousculaient, s’invectivaient, des voyageurs pressés, la fumée de quelques locomotives bruyantes dont les tampons s’entrechoquaient violemment contre des wagons ou des butoirs, rien de rassurant pour un gamin de treize ans qui venait tout juste de quitter sa montagne natale et qui se préparait à sa première séparation d’avec le cocon familial.

Depuis plusieurs mois je traînais avec  une mauvaise toux, assez légère mais accompagnée d’une petite fièvre qui avait inquiété mes parents. N’avions-nous pas avec nous notre grand-oncle paternel, dont on disait qu’il était poitrinaire, et dans les bras duquel j’étais toujours fourré, souvent pour écouter à la radio une émission qu’il affectionnait particulièrement, « Les Grandes Voix Humaines », les grands airs d’opéra que j’ai grâce à lui appris à aimer…De fait, au cours de l’année 1963, j’avais appris à l’Institution Sainte-Marie que ma cuti-réaction à la tuberculine était devenue positive et il avait fallu dès lors, d’examen en examen, de radiographie en radiographie, se résoudre à l’idée qu’une « primo-infection » tuberculeuse était à l’œuvre. Nous étions même venu consulter, à Marseille, l’éminent professeur de Lannoy, un ami de Papa, chez lequel on m’avait pratiqué une des toutes premières tomographies, examens qui confirmaient la nécessité d’un traitement au P.A.S. ( Para-Amin salicylate de Sodium ) , sorte de granulé amer qu’il me fallut ingurgiter plusieurs fois par jour, juste avant les repas, durant des mois, sans qu’une amélioration ne se dessinât vraiment.

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