Comment une statue n’est pas toujours bien comprise

 

 

 

IMG_4059 - Copie

 

Oui !  cette année nous fêtons les 230 ans de la première ascension du Mont Blanc.

Non ! La magnifique statue trônant au centre de Chamonix ne commémore pas cette  première ascension réalisée  par Jacques Balmat et Michel Gabriel Paccard en 1786. Erreur bien souvent reprise par les  visiteurs, les   journalistes et même aussi par nombre de chamoniards.

 Cette statue représente  Horace Bénédict de Saussure avec  Jacques Balmat,   le docteur Michel Gabriel Paccard y est absent. Pourquoi ?

Regardons les inscriptions :

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A l’avant de la statue : A  H.B de Saussure – Chamonix reconnaissant –

 

 

 

IMG_1387A l’arrière on lit :

Erigé en MDCCCLXXXVII (c’est-à-dire en 1887) – avec le concours des clubs alpins français, suisse, italien, anglais – l’Appalachian Mountain club de Boston – la société des touristes autrichiens et de l’académie des sciences de Paris.

Et oui! Cette statue fut érigée, un siècle plus tard,  à la mémoire de  Mr Horace Bénédict de Saussure qui parvint au sommet du Mont Blanc en août 1787 (donc un an après la première ascension) avec l’aide de plusieurs  guides dont Jacques Balmat.

Mais pourquoi donc la statue honore-t-elle  de Saussure et non  nos deux chamoniards ?

En 1834 un testament de J.A.  Chenal Joseph-Agricola Chenal, homme politique savoyard de Sallanches, inscrit  dans son testament de mars 1834 que «  seront données quatre mille livres neuve du Pièmont…à la charge de faire élever à la commune de Chamonix un monument en granit d’après les plans et devis d’un architecte renommé et à l’endroit qu’il jugera à la mémoire de Mr Bénédict de Saussure, le premier qui  a fait connaître mes vallées et qui leur a donné la juste célébrité dont elles jouissent . Je veux que l’inscription suivante soit gravée  A Mr Bénédict de Saussure, Chamonix reconnaissant »

Il  est vrai que l’ouvrage  « Voyages dans les Alpes » de Mr  de Saussure   traduit en plusieurs langues, sera le best seller de l‘époque et nombre de visiteurs se  rendront dans la vallée à la suite de la lecture de cette œuvre.

D‘ où la reconnaissance  de Mr Chenal envers Horace Bénédict  de Saussure qui avait, par ce livre, fait une des meilleures publicités  qui soit pour les Alpes.

Plusieurs projets seront initiés dont un obélisque tiré du granit de la Pierre d’Orthaz. Mais la commune,  en octobre 1840, met fin à ce projet d’autant que l’obélisque a  été endommagé par quelques personnages malveillants.

Ce legs de J.A. Chenal accordé sous le régime du royaume de Piémont Sardaigne devait aussi  être reconnu par  la France devenue en 1860  le nouvel état…

Ce sera chose faite en  1883  avec la précision que la somme devait  être utilisée dans un délai de 5 ans.

Les choses se précipitent. Le legs n’est pas suffisant pour réaliser un monument prestigieux et c’est ainsi qu’une commission est créée pour rassembler  les fonds. Divers clubs alpins participent ainsi au financement de ce monument.

Il est inauguré en grande pompe le 28 août 1887 pour les cent ans de l’ascension du Mont Blanc par Mr Horace Bénédict de Saussure.

AUTRE statue 1 - CopieC’est ainsi que Chamonix possède un des plus beaux monuments savoyards. Cette statue, représentant  le savant et l’alpiniste, unis par un regard commun en direction  du sommet. Elle est magnifique…

 

Michel Gabriel Paccard n’y figure pas …  Certes …  Mais lors de l’érection de ce monument il s’agissait de commémorer un homme, Horace Bénédict de Saussure. Le sculpteur Emile Sanson a représenté celui-ci avec Jacques Balmat  qui l’avait conduit au sommet.

 Il est vrai cependant qu’ en ces années 1887 on avait un peu oublié le docteur Michel Gabriel Paccard qui,  mort en    1827, s’était fait voler la vedette par Jacques Balmat mort plus tard en 1834.

Paccard et Balmat seront à leur tour honorés,

Copie de Jessica maison de la montagne - Copie en 1875 pour Balmat par une stèle sur le parvis de l’église,

_MG_0225et en 1932 pour Paccard par un médaillon à l’entrée de l’Hôtel de ville

puis enfin par sa propre statue en 1986 à IMG_6139l’occasion du  bicentenaire de la première ascension du mont Blanc.

 

 

 

 

 

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HISTOIRE ET PATRIMOINE 

CHRISTINE BOYMOND LASSERRE

Un 15 août sur la mer de glace en 1962 ….plutôt drôle ….

Une petite minute de drôlerie à découvrir en cliquant ci dessous 

 

Des touristes sur la mer de glace en 1962 …

Découvrir notre si belle région qu’est la Haute Savoie et ce pays du Mont Blanc si magique !

Comment dans les temps anciens voyageait- on pour arriver à Chamonix ? Avec un très joli film des frères Lumière.

FILM DES FRÈRES LUMIÈRE A VOIR EN FIN D’ARTICLE

L’accès à Chamonix fut toujours difficile.

Au XIXème siècle, si l’on arrivait relativement facilement à Sallanches en diligence ,  accéder à la vallée était bien souvent une aventure. En raison du chemin accidenté, traversant nants et torrents, nul véhicule ne pouvait   impunément rouler sur ces chemins trop raides, trop périlleux.

Tableau Eugène Guérard. "la poste de Sallanches à Chamonix" année 1850 - Copyright RMN (Réunion des musées nationaux)

Tableau Eugène Guérard. « La malle poste de Sallanches à Chamonix  » 1850 -Copyright RMN (Réunion des musées nationaux)

Le moyen le plus courant était bien sûr le mulet ou la marche à pied.  Mais parfois les touristes empruntaient un  attelage des plus rudimentaires : le char à bancs, sorte de voiture hippomobile ouverte, à quatre roues, munis de bancs disposés parallèlement aux essieux…pas vraiment confortables !  Et lorsque la pente était trop raide ou trop glissante le voyageur était  prié de descendre du véhicule. On démontait le  char  que l’on remontait ensuite quelques centaines de mètres plus loin.  

Lors de son voyage vers les glacières de Chamonix   l’empereur Napoléon III,   effrayé par cet itinéraire éprouvant, offrit une somme d’argent pour  la construction d’une route carrossable  plus large, plus grande et moins dangereuse.

Ce qui fut fait. La route arriva définitivement à  Chamonix en 1870.

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Horaires des diligences d Genève à Chamonix AR année 1894

A partir de cette date, très rapidement, les diligences arrivèrent directement de Genève  à Chamonix. Tout d’abord une  par semaine, puis une par jour voire deux ou plus. Elles  quittaient Genève à 8h du matin et arrivaient à Chamonix vers 16h.

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Diligence au départ de Genève

Il existait plusieurs modèles de diligences, plus ou moins grandes en fonction du nombre de voyageurs.

 

D’une manière générale, les voitures étaient divisées en 3 compartiments comportant à l’avant un siège couvert appelé « coupé » comprenant  trois sièges plus celui du cocher,  au centre à l’intérieur une partie appelée  « berline »  pouvant contenir 6 ou 8 personnes, ,  parfois une autre berline située au dessous de cette  première,  à l’arrière un siège appelé « rotonde » pour 3 personnes (mais peu apprécié des voyageurs). Parfois sur le toit se trouvait une banquette appelée impériale.

Diligence Photo Gay Couttet

Les tarifs évidement étaient variables en fonction de l’emplacement du siège dans le véhicule.

Les bagages souvent encombrants  se trouvaient soit en haut, soit dans des coffres à l’avant ou à l’arrière du véhicule.

Pour accéder à l’intérieur de la diligence  on avait besoin d’une échelle. Il existait parfois des marchepieds portefeuilles.

La partie intérieure de la berline était recherchée car plus confortable… Mais plus chère aussi. Elle était habituellement agrémentée de larges banquettes ou coussins rembourrés  de crin animal ou végétal. Il existait aussi un coussin particulier de forme allongée et très souple appelé rouleau  de voyage qui servait à caler les épaules et le cou… On imagine bien volontiers les secousses. On devait arriver exténués !

Les concierges des hôtels

A l’arrivée à Chamonix tous les grooms des hôtels attendaient les voyageurs de pied ferme ! Leur harcèlement était souvent excessif!

 

diligences sur la route

Cinq diligences aux tailles différentes en partance de Chamonix. Copyright Gay Couttet

L’arrivée du train à Saint Gervais accéléra l’arrivée des touristes dans la vallée et parfois l’on pouvait avoir quatre, cinq diligences arrivant directement de ce terminus.

 

Dès que le train arriva à Chamonix en 1901 les diligences cessèrent rapidement leurs voyages.  Et on allait entrer dans une autre période, celle des automobiles à moteur.

 

Ci dessous : Film réalisé par les frères lumières à l’arrivée des diligence dans les années 1900

Remarquez les échelles que l’on apposent contre le véhicule pour descendre, le grooms en attente, les mulets qui passent…

Cliquer sur le titre ci dessous pour voir le film : copyright Institut Frères Lumière

L’arrivée de la diligence à Chamonix

 

Lien vers Institut des frères Lumière

Copyright Christine Boymond Lasserre

Histoire et patrimoine de la vallée de Chamonix

L’évolution de Chamonix entre 1865 e 1930 : intéressant

Il est intéressant de regarder l’évolution du développement de Chamonix. Après l’incendie de 1855 une grande partie de la ville disparut dans les flammes (rue Vallot actuelle). Il fallut beaucoup de temps à l’administration locale et préfectorale pour engager une reconstruction que le préfet voulait « donner à cette perle précieuse de la France pittoresque ».

C’est seulement en 1864 que l’on voit la  première politique d’alignement appliquée à la rue principale. Ceci  grâce à la « générosité initiative du gouvernement qui par les subventions qu’il a accordé a permis à la commune de donner un tout nouveau aspect à Chamonix à la plus grande satisfaction des étrangers et des gens du pays… »

 

Ci dessous diverses photos permettant de voir l’évolution de la ville entre 1865 et 1930

 

 

 

Chamonix vers 1863

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Chamonix vers 1901-

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Chamonix vers 1930

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Copyright  Histoire et patrimoine Chamonix

Christine Boymond Lasserre

Ou se trouvent ces ferronneries à Chamonix ?

Ferronneries

 

 

@Christine Boymond Lasserre

Histoire et patrimoine

Grotte naturelle ou grotte artificielle au glacier des Bois ?

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Aquarelle de Samuel Birmann                                                                                          « La mer de glace et le villages des Pratz en août 1823 »

Dès la fin du 18ème siècle, les premiers visiteurs venus à Chamonix avaient pour habitude  d’aller découvrir la grotte naturelle formée  au niveau de la langue terminale du glacier des Bois et par laquelle jaillissait la source de l’Arveyron.

Le site était particulièrement impressionnant en raison du vacarme provoqué par l’eau qui s’en échappait.

Mr Martel venu en 1742 ( qui donna le premier le nom de « Mont Blanc » à ces monts affreux)  découvre cette grotte dont parlent ses guides, elle a alors 26 mètres de haut.

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Aquatinte en couleur de Samuel Grundmann.                                                   Vue extérieure de la grotte de l’Arveyron .1826

Plus tard,  le genevois Marc Théodore  Bourrit, lors de ses nombreux voyages   à Chamonix (entre 1760 et 1790),   aimait beaucoup emmener des visiteurs à la découverte de ce lieu « magique ».

Que vous dirai-je des sources de l’Arveyron ? Rien, assurément qui puisse vous donner l’idée de cette merveille… Imaginez un portique immense en forme de cintre, l’Arveyron sortant en bouillonnant au fond de cette voûte de glace que le soleil embellissait de toutes les couleurs de l’arc en ciel. Des quartiers de rochers, des masses énormes de glaces détachées, environnant cette redoutable enceinte et semblant en défendre l’entrée. Nous pénétrâmes à travers ces débris mais l’Arveyron empêche que l’on puisse pénétrer plus savant. Nous en vîmes assez pour juger de l’enfoncement prodigieux de la voûte et de la beauté de la glace….Cette voûte tombe, s’écroule,  en éclats, chaque année et se ferme, puis reparaît à la fonte des neiges… »

Horace Bénédicte de  Saussure, ce naturaliste genevois qui fit la 3ème ascension du Mont Blanc, en parle comme une excursion facile. Par lui on apprend que l’on   met une heure pour s’y rendre mais il précise qu’il peut y a voir un certain danger, souvent des blocs de glace s’effondrent…

En 1800 elle mesure 32m de haut. En 1816 elle   reçoit la visite des poètes romantiques qu’étaient Byron et Shelley.

La langue glacière à cette époque arrivait au niveau du pas de tir récemment aménagé.

 Cependant, en Suisse,  à Grindelwald, sur le glacier inférieur, une grotte artificielle est réalisée dès 1861. Cette idée germa à Chamonix. Un «étranger » propose  d’en creuser une au glacier des Bois. L’autorisation lui fut  refusée par la mairie mais une année plus tard une concession est donnée aux guides Jean Marie et Michel Couttet. Le projet aboutit durant l’été 1863. On creuse une galerie de 26 m qui conduit à une rotonde. A côté existait une crèmerie appelée « Au Touriste ».

Ce fut la première grotte artificielle de Chamonix.

Photos de la grotte  à découvrir dans l’ouvrage de Rémi Fontaine « Chamonix et ses glaciers. les premières images ».Page 122 et 123

En 1868, Théophile Gauthier passe quelques jours à Chamonix. Dans son livre Vacances du Lundi il écrit :

glacier_des_bois_a..On arrive en serpentant à travers des blocs de rochers en désordre, de flaques d’eau sur lesquelles sont posées des planches …Un guide qui se tient dans un petit chalet décoré de photographies, nous mena voir, un peu malgré nous, la curiosité qu’il exploite. On paye cinquante centimes par personne. Ce n’est pas cher sans doute mais cela vous détourne de votre but. C’est une sorte de cave d’azur, un trou dans le flanc du glacier, que nous soupçonnons fort d’avoir été élargi et régularisé de main d’homme. A l‘entrée  le jour pénétrant l’arcade de glace produit un effet assez magique. On avance suivant dans la boue une planche étroite et protégé par un parapluie de coton contre les gouttelettes qui tombent  de la voûte avec un tintement sonore. Quelques chandelles grésillantes, placées de loin en loin, jouent de leur les feux de Bengale et tâchent inutilement de donner à cette caverne humide un aspect féerique. On revient sur ses pas et l’on se trouve avec plaisir hors de cette atmosphère moite et glaciale.

Le tour est fait et vous êtes libre d’aller admirer à quelques pas la grande arche de cristal par laquelle l’Arveyron sort en bouillonnant du glacier impatient de se produire à la lumière après avoir si longtemps cheminé …

1867 voit le  renouvellement du bail  .

En 1869 Venance Payot évoque une galerie de 100 mètres de long difficile à réaliser. Ensuite il n’y aura plus de grotte artificielle .La grotte naturelle disparaîtra elle aussi…grotte de l'arveiron vers 1865

 

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Grotte glacier des Bossons

La grotte du glacier des Bossons creusée vers 1865, facile d’accès  devient la grotte la plus connue de la vallée.

On oubliera définitivement la grotte du glacier des Bois

 

 

 

@Histoire et patrimoine de la vallée de Chamonix

Christine Boymond lasserre

Une heureuse initiative : la restauration de la chapelle des Tines

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Depuis des temps immémoriaux,  les habitants du village ont témoigné leur attachement à cette chapelle consacrée à Saint Théodule.

Ici, au Moyen Age, un oratoire consacré à Saint Roch, le protecteur contre la peste,  fut élevé à la suite d’une épidémie de cette maladie qui, selon la légende, s’est arrêtée  aux Tines.

En 1500, une bulle papale nous apprend l’édification d’une chapelle dédiée à Saint Théodule.

Ce document est intéressant car il y est précisé que cette chapelle se situe au village du Chastelard, qui fut plus tard détruit par l’avancée du glacier des Bois.

BULLE PONTIFICALE jpeg

Le culte de Saint Théodule, premier évêque du Valais,  fut probablement initié par une population locale très tournée vers cette région. Beaucoup y travaillaient, nombreux    étaient ceux qui allaient sur les marchés de Martigny et  étaient donc familiarisés avec le culte de ce valaisan.

Qui est saint Théodule ?. Cliquer ici Saint Théodule

Pendant plus de 250 ans les habitants  s’astreindront à entretenir le  bâtiment, feront donner  régulièrement des messes et des prières par le biais de fondations dont certaines sont nommées dans des documents notariés.

voir ci dessous .

Petite histoire de la chapelle des Tines

 

En 1777 la chapelle est réédifiée.Mais elle fut détruite durant la révolution au moment de l’occupation française.  Puis elle  renaîtra encore  par la volonté des habitants, qui ensuite se feront fort de l’entretenir.

La dernière décoration intérieure est due aux royalistes de la vallée de Chamonix. Sous l’impulsion de Mr Cheilan, propriétaire de l’hôtel Excelsior, elle sera ornée en 1938 d’un décor à la mémoire du vœu de Louis XIII. Effectivement, pour le 300ème anniversaire  de ce vœu qui vit le roi mettre la France sous la protection de la Vierge après que celle-ci lui eut  accordé un fils, les royalistes locaux orneront la chapelle de fleurs de lys, d’une statue dédiée à Jeanne d’Arc et d’une autre à Saint Louis, protecteur des rois de France.

Tel est le décor actuel. Celui que les habitants des Tines ont décidé de restaurer.

Le maître hôtel est orné d’un grand tableau représentant Saint Théodule. De quand date-t-elle ? Pour le moment nul ne le sait.

IMG_1546Mais ce tableau est très détérioré par l’humidité  et nécessite très vite une restauration méticuleuse avant qu’il ne soit totalement  détruit.

vitrail st jeanne d''arc tines

De même les magnifiques vitraux réalisés par Mr Elie Pellegrin des Praz nécessitent une remise en état.

Une association vient de se créer. Elle porte le nom de « Association des Amis de la Chapelle Saint Théodule ». Son but est d’assainir sa structure, de  restaurer son décor intérieur, et de lui redonner vie. Une fois de plus, il est fait appel à toutes les bonnes volontés pour  contribuer à cette action.

Croyants ou non-croyants, cette chapelle fait partie de notre passé commun. Elle est le témoignage de la vie du  village depuis des siècles.

Participons tous à cet élan collectif.

Découvrir le site de l’Association des amis de la chapelle saint Théodule aux Tines

 

POUR ADHÉRER CI DESSOUS LE FLYER

FLYER les amis de la chapelle saint Théodule

 © Blog histoire – patrimoine- Chamonix

Christine Boymond lasserre

Ou en est-on du grand hôtel Couttet ?

Grand CoutetAbandonnés depuis plusieurs  années, menacés de destruction, les  bâtiments de l’hôtel sont  dans un état déplorable, à l’extérieur comme à l’intérieur.La municipalité a enfin décidé d’engager un processus de mise en valeur.

 

 

Nous sommes tous heureux de cette décision.

Peut on rêver  d’ une façade restaurée comme ci dessous ?

Façade idéale

 

 

 

 

 

 Tout commence par la chronique  d’une famille hôtelière chamoniarde qui aura marqué de son empreinte les plus belles années de la Belle Epoque  jusqu’aux  années folles. A la lecture des journaux de ces années, entre 1880 et 1935,  on découvre ce que François Couttet et ses enfants ont apporté au développement économique chamoniard.

 

 Petit historique :

Ici, sur ces lieux mêmes, François Couttet (né en 1828)  dit « Baguette », guide de haute montagne, avait l’habitude dès, les années 1855 d’héberger ses clients dans sa maison familiale. Son abord sympathique,  sa bonhomie,  étaient très appréciés des britanniques. Ceux-ci l’incitèrent à construire une auberge afin de recevoir dignement ses clients qui appréciaient son savoir faire et ses connaissances.

Pension Couttet

L’hôtel pension Couttet édifié en 1867 avec la maison de famille à droite

Hôtel Couttet (2)

Le grand hôtel Couttet et du parc construit en 1880

Il construisit ainsi dès 1867 «  l’Hôtel Pension Couttet ». Fort de son succès,  une dizaine voire une quinzaine  d’années plus tard,  il édifia le Grand Hôtel Couttet  qui deviendra  le Grand Hôtel Couttet et du Parc. Les fils Joseph et Jules à leur majorité  prennent la succession après  leur sœur aînée. L’hôtel connait de belles heures dans les années 1920 -1935.  Il fonctionne au ralenti pendant la guerre. Loué , il arrêtera  définitivement ses activités hôtelières en 1946.

François Couttet a eu  cinq enfants. Ses filles  (Joséphine, Aline, Sarah ) ont ouvert à leur tour les hôtels des Alpes, du  Beau site et du Savoy. Ses deux fils Joseph et Jules tiendront l’hôtel  et seront très actifs dans la vie locale.

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Whymper qui décéda en 1911 à l’hôtel Couttet

 

 Des personnages illustres y séjournèrent . Ruskin, Daudet, Mummery. Whymper y est mort. L’histoire de l’alpinisme du 19ème notamment par ses pionniers anglais trouve là ses racines.

 

 

 

 

Couttet 1

 Les bâtiments sont transformés en 1946 en  préventorium  (pour enfants atteints de primo-infection tuberculeuse) sous la dénomination « Centre Guynemer », que l’on appelait à Chamonix le Centre Couttet. Vers 1950 sont construites les terrasses en béton. L’activité du préventorium cesse en 1970.

 

 

Pub hôtel Couttet

 

L’ensemble se compose de trois  bâtiments, le petit Couttet, le moyen Couttet et le grand Couttet.

Le petit Couttet (au milieu) correspond à la pension Couttet ouverte en 1867. Le moyen Couttet ( à gauche) de la même période abritait probablement le personnel de l’hôtel ainsi que les domestiques   des clients venant à l’hôtel.

 

Intérêt  Architectural de cet ensemble Belle Epoque  

Petit et Moyen Couttet

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

grand Couttet

 

 Histoire et patrimoine Chamonix

Christine Boymond Lasserre

 

Stèle à la mémoire de Charles Edward Matthews (1834 -1905)

 

 

_MG_1838Dans le parc de l’ancien Grand Hôtel Couttet et du parc, parmi les ronces et les herbes hautes  se trouve une stèle dont l’inscription est devenue illisible. Menacée par le non entretien, l’oubli et  l’indifférence cette stèle cependant rappelle les liens étroits d’une vieille famille hôtelière chamoniarde avec ses clients anglais.

Taillée dans le granit cette stèle est sculptée d’un poème dédié à Charles Edward Matthews qui oeuvra  avec son frère William à la fondation de l’Alpine club  en 1857.

Il en fut le président de 1878 à 1880. Pendant plus de 40 ans il arpenta les Alpes, grimpa avec les meilleurs de son temps dont Leslie Stephen ou Whymper .Il réalisa  quelques premières et fit, entre autre, une douzaine de fois l’ascension du Mont Blanc. De cette expérience il écrivit en 1898  une monographie du Mont Blanc intitulé «  les Annales du Mont Blanc » en y faisant un historique détaillé, décrivant avec moult détails les diverses voies d’accès sur ce sommet mythique.

Si il se rendait en Suisse régulièrement il ne pouvait se passer de Chamonix et son lieu de résidence était cet hôtel réputé de l’époque « le grand hôtel Couttet et du parc ». Ici les alpinistes anglais  avaient pour habitude depuis près d’un demi-siècle  de résider dans cet hôtel confortable et où l’accueil était toujours chaleureux.

A sa mort l’Alpine Club admiratif de cet homme exceptionnel décida d’y installer une stèle à sa mémoire dans le parc de son hôtel préféré Et est inscrit en latin …

« Les amoureux de la montagne

A un amoureux de la montagne

Les membres de la fraternité alpine

A un de ses membres

Les frères à l’un de ceux qui ont

Assisté les fondateurs

Les amis à un amis très sur

Il s’en est allé pleurer partout. »

 

En 1907, l’Alpine Club de Londres a fait ériger cette stèle en l’honneur de l’un des siens, parmi les meilleurs, dans le jardin de l’hôtel Couttet.

 Christine Boymond Lasserre

Histoire et patrimoine de Chamonix

 

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